Après un voyage au long cours de 14 mois entre l’Australie et l’Asie, je peux t’assurer que le retour à la vie « normale » a été quelque peu chaotique dans mon cas.
Si partir voyager m’a permis de m’ouvrir au monde, faire des expériences que je n’aurais jamais pensé faire, rencontrer de nouvelles personnes et de nouvelles cultures, revenir implique souvent d’affronter un bouleversement intérieur inattendu. Que tu rentres d’un tour du monde ou d’une expatriation, ce sentiment est universel et il a même un nom «le choc du retour».
Dans cet article, je te partage mon ressenti après mon retour, ce qui m’a aidé à passer au-dessus et peut-être que cela te donnera les clés pour remonter la pente du bon pied.
Qu’est-ce que le syndrome du retour ou « déprime du voyageur » ?
La définition psychologique de la déprime du voyageur
Le syndrome du retour, aussi appelé « choc culturel inversé », désigne l’ensemble des difficultés émotionnelles et psychologiques que l’on peut ressentir en rentrant d’un long voyage, surtout si celui-ci a été transformateur. Beaucoup de voyageurs, au moment de retrouver leur pays, leur quotidien et de rendra leur valise, se sentent désorientés, incompris, voire déprimés.
Le choc culturel inversé survient lorsque l’on retrouve la culture d’origine après avoir adopté, même temporairement, une autre façon de vivre. Les repères changent, et ce qui semblait familier avant de commencer le voyage peut soudain paraître étranger (comme juste reprendre un poste sédentaire). On se sent déphasé, comme si l’on avait perdu sa place dans sa propre vie.
On oublie souvent que pour préparer son voyage au départ, on passe des heures à checker son passeport, ses vaccins, à comparer les assurances voyage ou à stresser pour l’obtention d’un visa. On pense que le plus dur est de commencer un voyage. Mais une fois à l’autre bout-du-monde, que ce soit en Amérique du Sud, en Asie ou en Océanie, on oublie tout cela. Le choc, c’est de réaliser qu’au retour, déballer sa valise demande plus de courage que de remplir son sac-à-dos pour son premier voyage voyage au long cours.
Les manifestations du « choc culturel inversé »
Au-delà du simple ressenti, les chercheurs en psychologie du voyage ont identifié des symptômes récurrents qui frappent ceux qui décident de voyager longtemps ou de faire le tour du monde :
L’anomie sociale : c’est le sentiment de ne plus appartenir à sa communauté d’origine. Après avoir passé des mois en auberges de jeunesse que ce soit en Asie du Sud Est comme au Vietnam ou en Amérique du Sud, les normes sociales locales paraissent absurdes ou superficielles.
La fatigue décisionnelle inversée : pendant le voyage, chaque jour, il faut prendre des décisions comme comment gérer son compte en banque, assurance voyage, vérifier ses visas, surveiller la validité de son passeport, trouver le bon quartier ou loger, les. Au retour, l’absence de ces micro-défis crée un vide qui peut mener à une léthargie profonde.
Le syndrome de l’astronaute : une sensation de flottement et un désintérêt pour l’actualité locale.
Symptômes somatiques : il n’est pas rare d’observer des troubles du sommeil ou de l’appétit. Le corps, habitué à une vigilance constante et à la mobilité d’un sac-à-dos, peine à se réadapter à la sédentarité.
Ces symptômes touchent aussi bien ceux qui choisissent de voyager seule que ceux qui préfèrent voyager en couple. Ils sont la preuve que partir voyager n’est pas une simple parenthèse, mais un processus de déconstruction identitaire.
Pourquoi le retour est-il difficile après un long voyage ?
Quand je suis revenue en France, j’avais l’impression que tout était bien plus complexe qu’en Australie que ce soit pour les démarches de trouver un travail, récupérer une carte bancaire, etc. En Australie, mon quotidien de PVTiste était simple : ma valise, mon sac à dos, mon visa de travail en poche et juste la liberté.
Mon rythme de vie qui a été pendant 14 mois synonyme de liberté venait de s’effondrer car fini les rencontres spontanées, les road trips en van, les différents boulots ou encore les voyages dans un autre pays sur un coup de tête.
Je suis rentrée et je suis revenue à une routine sédentaire, avec des horaires fixes et une perte de repère, je ne savais plus vraiment où j’en étais. J’ai le sentiment qu’avec ce voyage, je me suis créé une nouvelle identité, peut être que le terme est un peu fort mais j’avais le sentiment d’avoir atteint la meilleure version de moi-même. Passer de la vie nomade à une vie sédentaire crée un véritable deuil de son « identité de voyageur ».
De l’Australie à l’Asie jusqu’à mon retour
10 mois de liberté : l’impact d’une vie nomade
Avec le recul, je réalise que ma façon de partir voyager a radicalement changé au fur et à mesure de mon voyage. Au début, on veut tout voir, on multiplie les billets d’avion et on enchaîne les destinations comme l’Indonésie ou l’Asie à un rythme effréné. Puis, on apprend à voyager longtemps et à apprécier la lenteur. Que l’on choisisse de voyager seule pour se découvrir ou de voyager en couple pour partager des émotions fortes, l’important est de profiter de chaque voyage à son propre rythme.
Après dix mois en PVT en Australie, j’avais le sentiment d’avoir construit une nouvelle vie où chaque jour était une aventure entre les rencontres tous les jours, des découvertes et comprendre le mot liberté et nomade. L’Asie a ensuite joué le rôle de transition, une parenthèse spirituelle avant le retour entre l’Inde et le Népal.
Le jour où j’ai pris mon billet d’avion de retour pour la France, l’excitation des retrouvailles masquait la peur du vide ou des questions qui sont venues par la suite.
Le jour du retour : entre excitation des retrouvailles et vide intérieur
Au début, la nostalgie de mon voyage m’a enveloppé entre les photos de mon voyage en solo de 25 jours au Japon, de la Corée du Sud, du Népal, de l’Indonésie, de l’Australie et de l’Inde que je montrais les anecdotes que je partageais. Personnellement, je me suis sentie fière et reconnaissante du parcours que j’ai accompli parce que je pense que la Marine d’il y a 4 ans aurait été incapable de vivre tout cela. Une fois que les bagages ont été défaits, les anecdotes racontées, la réalité de ce retour de voyage au long cours m’a rattrapé.
Les symptômes du mal du pays inversé que j’ai traversés
Le décalage social : quand l’entourage ne comprend plus votre évolution
Je dirais que le vide est venu un peu plus tard, au bout de quelques mois. Tout semblait pareil, mais rien n’était vraiment identique, je sens que j’ai changé durant ce voyage et le monde autour de moi a continué sans moi. Il y a un décalage avec tes amis qui ne comprennent pas ce que tu as vécu. Je n’arrivais pas non plus à comprendre que mes amis n’avaient pas réglé leurs problèmes.
Mes proches n’ont pas vécu ce voyage et ne comprennent pas toujours ce qui a changé pour moi. D’ailleurs, je pense même que j’ai trop parlé de mon voyage pendant cette période et j’ai dû paraître insupportable. Il a été très difficile pour moi de partager en profondeur mes ressentis, du coup, j’ai beaucoup envoyé de messages à des amis que j’ai rencontrés en PVT et qui ont vécu ce que j’ai vécu. C’est compliqué de se sentir en décalage avec ceux que l’on aime.
Le deuil de mon « identité de voyageur »
Durant mon PVT, chaque jour était une aventure et une opportunité de réinventer sa façon d’être. On apprend à s’adapter, à relever des défis et à profiter pleinement du moment présent. Cette indépendance acquise rend le retour d’autant plus difficile puisqu’on a l’impression de devoir abandonner une partie de soi (je crois que c’est un des plus gros pincements au cœur que j’ai eu).
Je me suis retrouvée au bout d’un mois à prendre un travail en intérim pour réfléchir à mon avenir et je me suis posée des questions sur cette routine qui m’a semblé vide et sans saveur. J’ai eu ce sentiment angoissant que j’étais peut-être en train de passer à côté de ma vie et que peut être que je ne pourrais plus m’identifier comme une voyageuse. Je suis en train de tenter de me lancer à mon compte car après avoir goûté à la liberté et à la diversité, retrouver un poste sédentaire ou une carrière traditionnelle est devenue une source d’angoisse.
Mes 5 conseils pour surmonter le blues d’un long voyage
1. Accepter ses émotions : la phase de deuil nécessaire
Il faut accepter ses émotions, ainsi, il est naturel de ressentir de la tristesse, de la nostalgie ou même de regretter la liberté totale que l’on acquiert en voyage. Accepter ces émotions, leur donner de l’espace et les exprimer (via un journal, la discussion ou la création) est essentiel pour avancer. Cette étape est comparable à un deuil : on doit laisser partir l’ancien soi pour accueillir les nouveaux défis.
2. Garder l’esprit nomade : explorer sa région comme un touriste
J’ai découvert une autre chose, il faut garder l’esprit nomade ! La mobilité n’est pas réservée aux grands voyages, pas besoin d’explorer l’Asie pour être dépaysé. L’idée est de continuer son voyage en redécouvrant sa propre région avec un oeil nouveau. Tu peux découvrir de nouveaux endroits près de chez soi, rencontrer de nouvelles personnes : tout cela permet de prolonger l’état d’esprit du voyageur et de continuer à apprendre.
3. Maintenir le lien avec la communauté
Continuer d’entretenir des liens avec les personnes que tu as rencontrées en voyage (d’ailleurs, je suis partie au Japon pour retrouver des amies japonaises et on a fait un road trip ensemble pour rejoindre des copines coréennes en Corée du Sud). Même s’il y a de la distance, des kilomètres et un décalage horaire, utilise les réseaux sociaux pour garder le contact. Ne fais pas disparaître les liens.
4. Transformer ses souvenirs en moteur pour de nouveaux projets
Créer un nouveau projet (même petit) pour retrouver un cap. S’investir dans un projet personnel, professionnel ou associatif permet de retrouver du sens et de canaliser son énergie. Mon projet à moi, cela a été de créer ce blog de voyage qui me permet de me rappeler de mes aventures et ça continue de faire vivre cette part de moi à travers mes articles et de me lancer à mon compte en tant que consultante RGPD. D’une certaine manière, à travers ce blog, je continue mon voyage par l’écriture en te partageant mes conseils de voyages, et mes galères de voyageuse seule, j’ai transformé ma nostalgie en projet.
5. L’introspection par le journaling pour faire le point
Revenir sur les souvenirs du voyage, trier les photos, écrire ses ressentis, permet de donner une nouvelle valeur à son expérience. Plutôt que de s’enfermer dans la nostalgie, mieux vaut transformer ces souvenirs en carburant pour le futur : ils sont la preuve de sa capacité à s’adapter et à évoluer. Pour ma part, faire du journaling et mon introspection m’a beaucoup aidée à savoir où j’en étais car ce n’était pas une fuite mais bel et bien une construction. Si jamais cela t’intéresse, je pourrais écrire un article sur l’ensemble des questions que je me suis posée pour faire le point sur ma situation.
Le voyage ne s’arrête pas, il change simplement de forme
J’ai découvert que le retour de voyage est une étape à part entière, qui est presque aussi importante que le départ mais dont on ne parle que rarement.
Le syndrome du retour, s’il est parfois douloureux, permet aussi de grandir, de mieux se connaître et de construire de nouveaux projets. L’esprit du voyageur ne s’arrête pas avec le retour : il continue d’explorer, d’apprendre et de s’adapter, où qu’il soit. Si j’ai aujourd’hui la force de lancer mon activité de consultante RGPD, c’est parce que l’Australie m’a appris qu’aucune barrière n’est infranchissable. Instant pub mais si tu recherches une consultante RGPD externalisée à temps partagé, n’hésite pas à me contacter (voici mon site internet dédié).
En conclusion, il est essentiel de ne pas minimiser le choc du retour. Prendre soin de soi, accepter l’évolution, et chercher à prolonger la dynamique du voyage dans son quotidien sont les clés pour vivre pleinement cette transition. Que tu sois sur le point de rentrer ou en plein blues post-voyage, rappelle-toi : chaque aventure, aussi intense soit-elle, laisse une trace indélébile qui t’accompagnera toute ta vie.
Et toi, comment vis-tu ton retour ? Que tu rentres d’un tour du monde ou d’un premier long voyage en solo, partage ton expérience en commentaire ! Si tu as des astuces pour gérer le rangement de la valise ou le blues du voyageur, j’ai hâte de lire ton témoignage .




