Trek du mont Rinjani 2 jours : mon récit et mes conseils

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Selfie au sommet du mont Rinjani avec le volcan en arrière-plan à Lombok Indonésie
Sommaire de l'article

On m’avait presque vendu le trek du mont Rinjani comme une grande « balade », et c’est sans doute pour ça que je me suis lancée sans trop réfléchir. En août 2024, avec quatre amis rencontrés pendant mon PVT en Australie, j’ai donc attaqué ce volcan de 3 726 mètres, le deuxième plus haut d’Indonésie, sur l’île de Lombok, sans aucune expérience du trek en altitude. Quelques heures avant le lever du soleil, allongée à côté d’un rocher dans le sable volcanique, j’étais persuadée que je n’arriverais jamais au sommet.

Et pourtant, on a tous atteint le sommet à temps, et ce lever de soleil sur la caldeira reste l’un de mes plus beaux souvenirs d’Indonésie, peut-être même de tout mon voyage. Si j’avais su à quel point ce serait dur, je ne l’aurais sûrement pas fait, et je serais passée à côté de l’une des expériences les plus fortes de ma vie.

Dans cet article, je te raconte mon ascension du mont Rinjani en 2 jours et 1 nuit depuis Sembalun, étape par étape, avec ce que j’ai payé, le matériel que j’ai loué sur place, et les nouvelles règles du parc national en 2026, qui ont beaucoup changé depuis mon passage. Je te dis aussi à qui je conseille ce trek, et à qui je le déconseille.

Info novembre 2026 : vérifie bien l’ouverture du parc avant de réserver car en septembre 2026, un incendie a fermé temporairement les accès de Senaru et de Torean, et fin octobre, cinq des six accès avaient rouvert, dont Sembalun et Senaru. Le parc ferme aussi chaque année de janvier à mars, et les réservations se font uniquement en ligne, sur l’application officielle eRinjani.

Le mont Rinjani en bref : ce qu’il faut savoir avant de partir

Qu’est-ce que le mont Rinjani ?

Le mont Rinjani est un volcan actif situé au nord de l’île de Lombok, à l’est de Bali, dont on rejoint le pied en quelques heures de bateau depuis Bali ou les îles Gili. Avec ses 3 726 mètres, c’est le deuxième plus haut volcan d’Indonésie après le Kerinci, à Sumatra, et il domine tout le paysage de l’île. En son cœur se cache une immense caldeira d’environ 6 kilomètres sur 8, qui abrite le lac de cratère Segara Anak (« l’enfant de la mer »), d’une couleur turquoise assez irréelle quand on le découvre d’en haut, ainsi qu’un petit cône encore actif, le Barujari, dont la dernière éruption remonte à 2016.

Le Rinjani est aussi une montagne sacrée pour les habitants de l’île. Les hindous d’origine balinaise comme les Sasak, le peuple musulman de Lombok, viennent y faire des offrandes au lac, considéré comme une source de bénédiction. Le volcan reste sous surveillance permanente, et le parc ferme ses accès dès que l’activité ou la météo l’imposent, ce qui arrive plus souvent qu’on ne le croit.

Combien de jours faut-il pour le trek du Rinjani ?

La plupart des agences proposent trois formules, et le choix dépend surtout de ce que tu veux voir. Celle que nous avons choisie, en 2 jours et 1 nuit, est entièrement centrée sur le sommet : tu montes jusqu’au camp du bord du cratère le premier jour, tu attaques le sommet en pleine nuit, puis tu redescends le jour même, ce qui en fait la plus courte, mais aussi la plus intense. En 3 jours et 2 nuits, tu ajoutes après le sommet la descente jusqu’au lac Segara Anak et à ses sources chaudes, avant de ressortir par Senaru. Enfin, la formule de 4 jours et 3 nuits fait le tour complet, avec plus de temps au lac et un rythme beaucoup plus doux.

Si l’ascension de nuit te fait peur, il existe aussi une formule plus douce, que presque toutes les agences recommandent aux débutants, le trek de 2 jours et 1 nuit jusqu’au bord du cratère côté Senaru, à 2 641 mètres, sans monter au sommet. Tu marches environ 6 à 7 heures le premier jour, d’abord dans la forêt tropicale puis dans la prairie, tu dors au camp de Plawangan Senaru face au lac Segara Anak, avec le coucher du soleil sur la caldeira et, par temps clair, le mont Agung de Bali et les îles Gili au loin, puis tu redescends le lendemain en 5 à 6 heures. Je ne l’ai pas faite moi-même, mais si tu hésites sur ta condition physique, c’est une excellente façon de voir la beauté du Rinjani sans passer par l’épreuve du sable volcanique en pleine nuit.

Certains randonneurs très entraînés montent au sommet et redescendent dans la journée, mais c’est rare, et je ne le conseille pas pour une première fois.

Quand faire le trek du mont Rinjani ?

Le parc national n’est ouvert que du 1er avril au 31 décembre, il ferme chaque année du 1er janvier au 31 mars, au cœur de la saison des pluies, pour laisser la montagne se reposer et parce que les sentiers deviennent glissants et exposés aux glissements de terrain. Les autorités ne plaisantent pas avec cette fermeture, et des randonneurs qui ont tenté l’ascension en dehors de la saison ont déjà été sanctionnés.

La meilleure période pour faire le trek du Rinjani s’étend de mai à septembre, pendant la saison sèche, quand tu as le plus de chances d’avoir un ciel dégagé, des sentiers secs et des journées agréables (autour de 20 à 25 °C en bas, beaucoup moins en altitude). Avril et octobre restent de bons compromis, avec moins de monde, tandis que novembre et décembre marquent le retour des pluies, donc je les éviterais.

Personnellement, j’y étais en août, en pleine haute saison et la météo a été presque parfaite, avec un ciel totalement dégagé au sommet pour le lever du soleil. En revanche, il y avait énormément de monde, et c’est quelque chose que je n’avais pas du tout anticipé. Garde aussi en tête que la saison sèche est celle des incendies, par exemple, en septembre 2026, le parc a limité les ascensions et fermé deux accès pendant plusieurs semaines après un feu de forêt, donc il faut toujours vérifier la situation juste avant de partir.

Comment rejoindre le Rinjani et où dormir ?

Nous avons dormi au Tiu Kelep Homestay, à Senaru, avant et après le trek, c’est par lui que nous avons trouvé notre agence, ce qui simplifie vraiment l’organisation. Senaru est un bon camp de base, plus vert et plus frais que la côte, avec les cascades de Sendang Gile et de Tiu Kelep à quelques minutes à pied, que tu peux visiter la veille du départ ou garder pour le lendemain si tes jambes te le permettent. Personnellement, on l’avait fait juste avant de partir faire Rinjani.  Si tu pars de Sembalun, le village propose aussi de nombreux homestays, au pied du volcan, ce qui évite le trajet du matin.

Nous sommes arrivés à Lombok en bateau depuis Gili Trawangan, ce qui est sans doute le trajet le plus courant si tu fais, comme nous, les Gili juste avant le trek. La traversée jusqu’au port de Bangsal ne prend qu’une trentaine de minutes, puis il faut compter un peu plus d’une heure de route jusqu’à Senaru. Si tu arrives directement de Bali, des bateaux rapides relient aussi Padang Bai à Bangsal, en passant souvent par les Gili.

TrajetTransportDurée approximative
Gili Trawangan – Bangsal (Lombok)BateauEnviron 30 minutes
Bangsal – SenaruVoitureUn peu plus d’une heure
Padang Bai (Bali) – BangsalBateau rapide, souvent via les GiliEnviron 1 h 45 à 2 h 30
Senaru – Sembalun (départ du trek)Camionnette de l’agenceEnviron 1 heure

Quel niveau faut-il pour le trek du Rinjani ?

Je vais être honnête avec toi, le trek du mont Rinjani est difficile, très difficile même et pour moi, j’en ai vraiment bavé. C’est l’un des treks les plus exigeants d’Indonésie, et il n’a rien d’une balade en montagne, même si c’est l’impression qu’on m’en avait donnée avant de partir.

Mon niveau avant le trek (spoiler : pas impressionnant)

Avant le Rinjani, je n’avais rien d’une grande randonneuse, pour la mise en situation, j’avais vécu à Grenoble et fait quelques randonnées à la journée en montagne, mais jamais de trek sur plusieurs jours, et encore moins de nuit sous la tente en altitude. Mes amis étaient dans le même cas, nous étions cinq à tenter l’aventure, une amie française, un Allemand, un Anglais, un Irlandais et moi, tous plutôt actifs, mais pas du tout des sportifs de haut niveau (les deux amis australiens qui voyageaient avec nous en Indonésie avaient préféré ne pas le faire après avoir lu le niveau qu’il fallait avoir. Le trek reste pourtant faisable sans être une randonneuse expérimentée, à condition de savoir dans quoi tu t’embarques, et c’est justement pour ça que je te détaille tout ce qui m’a fait souffrir.

Les vraies difficultés du trek

La première difficulté, c’est le dénivelé, sur la formule de 2 jours, tu montes environ 2 500 mètres, l’équivalent de plus de sept tours Eiffel empilées. Les premières heures sont plutôt tranquilles, mais la dernière partie avant le camp est raide, et l’ascension finale vers le sommet est encore un autre niveau.

C’est justement cette ascension de nuit dans le sable volcanique qui a été, de loin, la partie la plus dure pour moi. Tu grimpes dans le noir complet, à la lampe frontale, sur un mélange de sable, de cendres et de cailloux qui roulent sous tes pieds, et je te raconte plus bas à quel point elle m’a mise à l’épreuve.

L’altitude n’arrange rien, puisqu’à 3 726 mètres, chaque inspiration t’apporte environ un tiers d’oxygène en moins qu’au niveau de la mer. Tu t’essouffles beaucoup plus vite, tu peux avoir mal à la tête, et certaines personnes ressentent les symptômes du mal aigu des montagnes, comme des nausées, des vertiges ou des maux de tête violents.

Il faut aussi compter avec le froid, au camp et surtout au sommet, la température descend entre 0 et 5 °C, avec du vent, et sans vêtements adaptés, tu vas souffrir. Quand tu as froid et que tu es épuisée, la motivation fond très vite.

Enfin, le rythme ne laisse presque aucun temps de récupération sur 2 jours, on est sur du 7 à 8 heures de marche le premier jour, une nuit de trois heures, 3 à 4 heures d’ascension de nuit, puis environ 5 heures de descente après le petit-déjeuner.

La sécurité sur le Rinjani

Je ne peux pas écrire sur le Rinjani sans parler de sécurité, en juin 2025, une randonneuse brésilienne de 26 ans a perdu la vie après une chute d’environ 600 mètres près du sommet, sur une portion étroite qui longe le bord du cratère, et d’autres randonneurs ont été blessés dans les semaines qui ont suivi. Le parc a fermé tous ses accès pendant dix jours début août 2025 pour revoir ses règles de sécurité, et c’est en grande partie pour ça que les conditions de réservation ont autant changé depuis mon passage (je te les détaille juste en dessous).

Pendant notre ascension, il y avait des centaines de lampes frontales sur le même sentier, et sur certaines portions, le bord du ravin n’était qu’à quelques mètres. Avec le recul, je te conseille de choisir une agence sérieuse plutôt que la moins chère, de rester près de ton guide sur la partie finale, de ne jamais quitter le sentier pour une photo, et de faire demi-tour sans hésiter si le vent se lève ou si tu ne te sens pas bien. Le lever de soleil vaut la peine, mais pas à n’importe quel prix.

Les contre-indications médicales

Le trek du Rinjani est déconseillé si tu souffres de problèmes cardiaques ou respiratoires, d’un asthme sévère mal contrôlé, d’une hypertension non traitée ou de problèmes articulaires importants aux genoux ou aux chevilles, ainsi que pendant une grossesse. En cas de doute, parles-en à ton médecin avant de partir, d’autant qu’un contrôle de santé est fait au départ du trek (une prise de tension et quelques questions, dans notre cas).

Réserver le trek du Rinjani en 2026 : permis, guide et agence

Les règles du parc national en 2026

Les règles se sont beaucoup durcies depuis mon trek en 2024, donc ne te fie pas aux vieux articles (y compris l’ancienne version de celui-ci). Aujourd’hui, chaque randonneur doit avoir un permis eRinjani, réservé uniquement en ligne sur l’application officielle du parc, il n’est plus possible de se présenter au départ et d’acheter son entrée sur place. Les visiteurs étrangers ne peuvent pas non plus marcher seuls, et doivent passer par une agence enregistrée auprès du parc, avec, d’après les agences locales, un guide pour quatre randonneurs étrangers au maximum.

Le nombre de randonneurs est aussi limité à environ 400 par jour, donc en juillet et en août, réserve plusieurs semaines à l’avance, et au minimum quelques jours avant le reste de la saison. Côté prix, depuis le 3 novembre 2025, l’entrée coûte 250 000 roupies par personne et par jour pour les étrangers, soit environ 12,50 € par jour. Et depuis la saison 2026, les agences indiquent qu’une assurance couvrant l’évacuation en hélicoptère est exigée, soit via une option premium d’environ 290 000 roupies (autour de 15 €), soit via ta propre assurance voyage si elle couvre explicitement l’évacuation en altitude, alors vérifie bien ton contrat avant de partir.

Comment j’ai réservé mon trek

En 2024, nous sommes simplement passés par notre homestay à Senaru, le Tiu Kelep Homestay, qui nous a mis en relation avec l’agence April Trekking. Honnêtement, j’en ai été globalement satisfaite, que ce soit pour l’organisation, le guide ou les repas, qui étaient vraiment bons vu les conditions (cet avis n’est pas sponsorisé, je l’ai payé comme tout le monde).

Ce qui m’a surprise, en revanche, c’est l’écart de prix entre les randonneurs. En discutant avec les Canadiens et la Hongroise qui partageaient notre guide, j’ai réalisé que certains avaient payé plus cher, et d’autres moins cher, pour exactement la même prestation, et d’autres randonneurs croisés sur le sentier avaient même payé plus cher que nous pour moins de confort. Mon premier conseil est donc de comparer plusieurs agences et de demander une liste précise de ce qui est inclus avant de payer. Si tu préfères réserver avant de partir, des plateformes comme GetYourGuide ou Klook proposent aussi des treks bien notés, mais vérifie toujours que l’agence est bien agréée par le parc et que le permis eRinjani est compris.

Combien coûte le trek du mont Rinjani ?

En août 2024, nous avons payé 130 € par personne pour le trek de 2 jours et 1 nuit, à quoi se sont ajoutés environ 30 € de location de matériel pour moi. Ce prix comprenait le transport aller-retour entre notre homestay de Senaru et le départ de Sembalun, l’entrée du parc national, le guide et les porteurs, tous les repas (deux déjeuners, un dîner et un petit-déjeuner) avec l’eau, ainsi que le matériel de camping de base, c’est-à-dire la tente, le matelas et le sac de couchage. Depuis, la hausse du prix de l’entrée et l’assurance ont fait grimper les tarifs, donc attends-toi à payer plus que nous pour la même formule. Voici les principaux postes à prévoir en 2026 :

PostePrix indicatif en 2026Mon expérience en 2024
Forfait 2 jours / 1 nuit (guide, porteurs, repas, tente, transport)Très variable selon l’agence et la taille du groupe130 € par personne
Entrée du parc (étrangers)250 000 roupies par jour, soit environ 25 € pour 2 joursComprise dans le forfait
Assurance avec évacuation en hélicoptèreEnviron 290 000 roupies (15 €), si ton assurance ne la couvre pasPas exigée
Location de matérielVariable selon ce qu’il te manqueEnviron 30 €
Porteur pour ton sac personnel (en option)Environ 25 $ par jour selon les agencesNon, je portais mon sac moi-même
Pourboire du guide et des porteursLibre et non compris dans les forfaits, à prévoir en liquideL’équivalent de 30 € pour notre guide, rien pour les porteurs (voir plus bas)

Quel équipement emporter pour le Rinjani ?

Nous n’avions presque pas de matériel de randonnée en arrivant à Lombok, puisque nous étions en plein voyage, donc nous avons loué l’essentiel sur place, à Senaru. Que tu le loues ou que tu l’apportes, la lampe frontale est indispensable pour l’ascension de nuit (prévois des piles de rechange), tout comme de vraies chaussures de randonnée, tu croiseras des porteurs qui montent en tongs, mais ne prends surtout pas exemple sur eux. Je te conseille aussi des bâtons de marche, qui m’ont sauvé la mise dans le sable volcanique et pendant la descente.

Pour le froid, emporte une doudoune ou une veste vraiment chaude, puisqu’il fait près de 0 °C au sommet avant l’aube, avec un pantalon chaud, des gants, un bonnet et un tour de cou. Pense aussi à un t-shirt de rechange, j’ai énormément transpiré le premier jour.

J’avais laissé ma valise à notre homestay de Senaru, pour ne prendre que les vêtements nécessaires à la montée, et c’est une bonne idée, beaucoup d’agences proposent d’ailleurs de garder tes bagages pendant le trek, alors demande-le au moment de réserver. J’ai porté mon propre sac pendant les deux jours, mais pas l’eau ni la nourriture, dont se chargeaient les porteurs avec les tentes, donc un sac à dos confortable suffit pour tes affaires personnelles, et n’oublie pas la crème solaire et les lunettes de soleil.

Sembalun ou Senaru : quel point de départ choisir ?

Il existe plusieurs accès au mont Rinjani, mais deux points de départ principaux :

  • Sembalun, à environ 1 150 mètres d’altitude, à l’est du volcan, est le départ le plus pratique pour viser le sommet au lever du soleil, puisque le village est déjà en altitude et que le camp de Plawangan Sembalun, sur le bord du cratère, se trouve juste au pied de l’ascension finale.
  • Senaru, à environ 600 mètres, au nord, est plus verdoyant, avec la forêt tropicale et de belles cascades à proximité, c’est le point de départ habituel pour monter jusqu’au bord du cratère, et le point d’arrivée des treks de 3 jours qui passent par le lac.

Pour un trek de 2 jours avec le sommet, nous avons choisi Sembalun, pour maximiser nos chances d’arriver en haut avant l’aube, et c’est clairement le choix que je te conseille si le sommet est ton objectif. Nous dormions pourtant à Senaru, où se trouvait notre homestay, et c’est l’agence qui s’est chargée du transport entre les deux villages.

Mon récit : 2 jours pour atteindre le sommet du Rinjani

Avant de te raconter ces deux jours, voici les grandes étapes du sentier depuis Sembalun, avec les temps de marche que nous avons mis, pour que tu puisses te repérer :

ÉtapeAltitudeTemps de marche depuis l’étape précédenteCe qu’on y trouve
Départ de SembalunEnviron 1 150 mDépart vers 11 h, après l’enregistrementBureau du parc, contrôle de santé
POS I (Pemantauan)Environ 1 300 mEnviron 2 hAire de repos, boissons et en-cas
POS II (Tengengean)Environ 1 500 mEnviron 1 hNotre pause déjeuner
POS III (Padabalong)Environ 1 800 mEnviron 1 h 30Dernière aire de repos avant les pentes raides
Camp de Plawangan Sembalun2 639 mPlusieurs heures de montée raide, avec les derniers POSBord du cratère, nuit sous la tente
Sommet du Rinjani3 726 mEnviron 3 h à 3 h 30, départ vers 2 h du matinLever du soleil sur la caldeira

Jour 1 : de Sembalun au camp de Plawangan (2 639 m)

Notre chauffeur est venu nous chercher très tôt le matin à notre homestay de Senaru, et nous nous sommes entassés à l’arrière d’une camionnette, où nous avons rencontré notre guide. La camionnette s’est arrêtée devant plusieurs hôtels pour récupérer nos futurs compagnons de galère, un couple de Canadiens et une Hongroise qui vivait en Nouvelle-Zélande, avant de rejoindre le village de Sembalun après environ une heure de route. Nous avons marché tous les huit avec le même guide pendant ces deux jours, mais un Néo-Zélandais a rejoint notre groupe le soir car il avait été pris dans un mauvais groupe.

Avant de partir, il a fallu passer une sorte de visite médicale très sommaire, avec quelques questions sur nos allergies et nos problèmes de santé et une prise de tension, puis nous enregistrer au bureau du parc national avec notre passeport. Entre la foule de randonneurs et les formalités, l’enregistrement a bien duré deux heures, pendant lesquelles notre guide nous a expliqué le programme des deux jours. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à comprendre que ce ne serait pas une petite balade.

Nous avons enfin commencé à marcher vers 11 h, sur une montée douce à travers le village, les champs et une grande savane où les habitants font paître leurs troupeaux, avec en toile de fond les collines de Sembalun et le massif du Rinjani. Après environ deux heures, nous avons atteint le POS I (Pemantauan, vers 1 300 m), la première aire de repos du sentier, où l’on peut acheter à boire et à manger, même si notre eau était fournie par l’agence et notre homestay. Jusque-là, tout allait bien, et je me disais même que ça passerait sans problème.

Une heure plus tard, nous sommes arrivés au POS II (Tengengean, environ 1 500 m), où nous avons déjeuné, et où j’ai réalisé à quel point nous étions nombreux à tenter l’aventure ce jour-là. La météo changeait toutes les dix minutes, entre pluie fine, brume épaisse et visibilité presque nulle, au point qu’il était impossible d’apercevoir le sommet ou même le sentier qui nous attendait. Les choses sérieuses ont commencé après le POS III (Padabalong), à environ 1 h 30 de marche du précédent, pour atteindre les dernières aires de repos, puis le camp, il nous a fallu encore plusieurs heures dans une forêt de cemaras (des filaos), sur des pentes très raides, entre les racines et les pierres qui roulent. Pendant cette partie, je me suis dit que j’aurais du m’entrainer avant de faire cette ascension.

Quand nous sommes enfin arrivés au camp de Plawangan Sembalun, à 2 639 mètres, sur le bord du cratère, j’ai ressenti un immense soulagement, mais la brume nous a privés du coucher du soleil et de toute vue sur le lac. Il n’y a aucun refuge sur le Rinjani : pendant que l’équipe montait les tentes et préparait le dîner, notre guide nous a servi du thé et du café, et j’ai découvert ce camp, avec ses centaines de tentes alignées, parfois très près du bord du ravin. Les matelas étaient fins et le confort sommaire, un peu comme un bivouac géant, avec pour seules toilettes une tente installée par l’équipe, mais nous étions contents d’être arrivés. J’étais tellement épuisée que j’ai avoué au groupe que je n’étais pas sûre de pouvoir atteindre le sommet à temps pour le lever du soleil, et les 1 000 mètres de dénivelé prévus à 2 h du matin me paraissaient déjà insurmontables.

Jour 2 : l’ascension de nuit jusqu’au sommet (3 726 m)

J’ai réussi à dormir trois heures, sur ce matelas si fin, dans le froid. La veille, notre guide nous avait annoncé 3 h à 3 h 30 d’ascension pour un peu plus de 1 000 mètres de dénivelé, et quand nous sommes sortis de la tente, des centaines de petites lumières avançaient déjà dans le noir, en file indienne, vers le sommet. Pendant cette montée, mon mental est passé par trois phases bien distinctes.

La première, c’était le déni, pendant la première heure, j’étais confiante, sans doute trop, et malgré la nuit, le froid et le chemin rocailleux, je me disais que ça passait. J’arrivais à suivre la cadence de cette file de lumières qui serpentait sur le volcan.

Puis tout a basculé quand le sentier est devenu du sable volcanique, et c’est là que la montée est devenue un véritable enfer sur terre. J’avais l’impression d’être dans un cauchemar, et je me demandais pourquoi j’avais choisi de grimper sur un volcan alors que j’aurais pu profiter d’une piscine au bord de la mer. Je glissais, je tombais, j’avançais d’un pas pour reculer de trois, et je m’arrêtais tous les dix mètres pour reprendre mon souffle. À un moment, j’ai eu envie de pleurer, je me suis allongée à côté d’un rocher dans la poussière, et j’étais certaine que je n’arriverais jamais en haut avant le lever du soleil. Au-dessus de moi, la ligne des lampes frontales continuait de monter, et ça m’impressionnait autant que ça me décourageait.

Le regain de force est finalement venu d’une partie de notre groupe, qui était derrière moi et qui m’a remise debout, quand ils sont arrivés à ma hauteur, je me suis ressaisie et j’ai décidé de finir l’ascension avec eux. J’ai retrouvé le reste du groupe au sommet et j’ai été submergée par l’émotion. Je me sentais fière, soulagée et surtout vivante, au point de me dire que j’avais fait le bon choix en quittant tout pour voyager. Notre groupe au complet avait réussi à atteindre le sommet avant le lever du soleil.

Le ciel a commencé à rosir, puis le soleil est sorti lentement de l’horizon, au-dessus de la mer de nuages, avec le lac Segara Anak en contrebas et, au loin, le mont Agung de Bali. C’est l’un de ces moments suspendus où personne ne parle vraiment. En bonus, nous avons même assisté à une demande en mariage au sommet, et j’avoue que c’est à ce moment-là que j’ai versé quelques larmes. Après des dizaines de photos et beaucoup de rires, nous avons entamé la descente vers le camp pour un petit-déjeuner bien mérité.

La descente jusqu’à Sembalun

La descente dans le sable m’a paru interminable, mais elle a eu un avantage car nous avons enfin pu voir ce que nous avions traversé dans le noir. Nous avons croisé quelques singes, beaucoup plus calmes que ceux des temples de Bali, sûrement parce que personne ne les nourrit ici, et qui se contentaient de nous observer avec curiosité.

Après le petit-déjeuner au camp, il nous restait encore environ cinq heures de descente jusqu’à Sembalun, que nous avons enchaînées bien plus vite que la montée, avec une pause déjeuner au POS II. Notre chauffeur nous attendait au point de départ pour nous ramener à Senaru, et je t’avoue qu’après ces deux jours, la seule chose dont je rêvais, c’était de m’asseoir dans cette camionnette.

Au moment de nous quitter, j’ai donné à notre guide l’équivalent d’environ 30 €, c’est-à-dire tout ce qu’il me restait en liquide sur moi. Sur le moment, je ne savais pas du tout si c’était assez, mais avec le recul, c’est plutôt généreux pour deux jours.

J’ai en revanche un vrai regret en repensant à cette fin de trek, nous n’avons jamais pu remercier nos porteurs. Notre guide est parti aider un autre groupe qui était en difficulté, ce qui est tout à son honneur, mais du coup, il n’a pas eu le temps de nous les présenter, et eux n’ont pas osé venir vers nous. Nous sommes donc repartis sans leur laisser de pourboire, alors que ce sont eux qui avaient porté les tentes et la nourriture jusqu’au camp, et qui nous avaient préparé nos repas. Si tu fais le trek, je te conseille de retirer du liquide en petites coupures avant de partir, de demander à ton guide de te présenter l’équipe dès le premier jour, et de remettre leur pourboire aux porteurs en main propre, au camp ou à l’arrivée, sans attendre le dernier moment. On voit souvent conseillé autour de 100 000 roupies (environ 5 €) par porteur, mais il n’y a aucune règle officielle, et c’est à toi de juger selon le service.

Faut-il faire le trek du mont Rinjani ? Mon bilan et avis 

Ma réponse est oui, mais avec des nuances importantes car si tu es prêt à marcher deux jours, à dormir sous la tente dans le froid et à souffrir pendant l’ascension de nuit pour voir le lever du soleil depuis le sommet, le trek du mont Rinjani vaut largement l’effort. En revanche, si tu n’aimes ni le froid, ni le camping, ni l’effort prolongé, ou si tu as un problème de santé qui te fait hésiter, je préfère te le dire franchement, ce n’est pas un trek à faire « pour la photo ».

Ce n’est pas la randonnée la plus facile que tu feras dans ta vie, c’est même probablement l’une des plus difficiles. Mais quand tu arriveras en haut après avoir voulu abandonner dans le sable, tu comprendras pourquoi je ne regrette pas une seconde de l’avoir fait. Ce genre d’épreuve crée aussi des liens, deux ans plus tard, je suis toujours en contact avec la randonneuse hongroise de notre groupe, qui m’a d’ailleurs donné ses meilleures adresses pour manger quand je suis passée à Budapest.

Et si, après avoir lu tout ça, tu te dis que ce n’est pas pour toi, il existe des options plus accessibles et le trek jusqu’au bord du cratère de Senaru, dont je te parle plus haut, ou le mont Batur à Bali, un volcan de 1 717 mètres qui se grimpe de nuit en deux heures environ avec un guide, et qui est l’une des randonnées au lever du soleil les plus populaires de l’île. Je ne l’ai pas fait, mais il permet de voir un lever de soleil depuis un volcan sans deux jours d’effort.

Si tu prépares un voyage plus long, je te raconte comment j’ai intégré le Rinjani à mon itinéraire de 14 jours en Indonésie, entre Bali, les îles Gili et Nusa Penida, et tu trouveras tous mes articles sur ma page Indonésie. Et si les treks en altitude te font envie, j’ai depuis découvert l’Himalaya, que je te raconte dans mon guide des treks au Népal. Si tu as des questions sur le Rinjani, pose-les-moi en commentaire, je te répondrai avec plaisir !

Les questions fréquentes sur le trek du mont Rinjani

Peut-on faire le trek du Rinjani sans guide ? Non, pas si tu es une visiteuse ou un visiteur étranger, le parc national impose de passer par une agence agréée et de marcher avec un guide licencié, et la réservation se fait obligatoirement en ligne sur l’application eRinjani. C’est aussi beaucoup plus sûr car le guide connaît le terrain, gère la logistique et peut réagir en cas de problème.

Combien coûte le trek du mont Rinjani ? En 2024, j’ai payé 130 € pour 2 jours et 1 nuit, tout compris, plus environ 30 € de location de matériel. Depuis, l’entrée du parc est passée à 250 000 roupies par jour pour les étrangers et une assurance couvrant l’évacuation en hélicoptère est exigée, donc prévois un budget plus élevé, et compare plusieurs agences en vérifiant ce qui est inclus.

Quand le mont Rinjani est-il fermé ? Le parc ferme tous les ans du 1er janvier au 31 mars, pendant la saison des pluies, et rouvre le 1er avril. Il peut aussi fermer temporairement en cours de saison, à cause de la météo, de l’activité du volcan, d’un accident ou d’un incendie, comme en septembre 2026. V

Faut-il être sportive pour faire le Rinjani ? Il faut une bonne condition physique, mais pas forcément une grande expérience du trek. Aucun membre de notre groupe n’était un randonneur expérimenté, et nous avons tous atteint le sommet, mais l’ascension de nuit dans le sable volcanique a été très dure pour moi. Quelques semaines de préparation (cardio, escaliers, renforcement des jambes) font une vraie différence, et si tu débutes vraiment, le trek de 2 jours jusqu’au bord du cratère de Senaru, sans le sommet, est une très bonne alternative.

Peut-on voir le lac Segara Anak en 2 jours ? En formule 2 jours depuis Sembalun, tu vois le lac d’en haut, depuis le bord du cratère et le sommet, mais tu n’y descends pas. Pour te baigner dans les sources chaudes et passer une nuit au bord du lac, il faut choisir un trek de 3 jours et 2 nuits.

Fait-il froid au sommet du Rinjani ? Oui, beaucoup plus que ce qu’on imagine en partant d’une île tropicale. Au camp et au sommet, la température descend entre 0 et 5 °C la nuit, avec du vent, donc une doudoune, un bonnet et des gants sont indispensables.

Faut-il réserver le trek du Rinjani à l’avance ? Oui, surtout en juillet et en août, puisque le nombre de randonneurs est limité à environ 400 par jour et que le permis se réserve uniquement en ligne. Compte plusieurs semaines à l’avance en haute saison, et au minimum quelques jours le reste de l’année.

Combien donner de pourboire au guide et aux porteurs ? Le pourboire n’est ni obligatoire ni compris dans le prix, mais il est très apprécié. J’ai donné l’équivalent de 30 € à notre guide pour deux jours, ce qui est plutôt généreux, et on voit souvent conseillé autour de 100 000 roupies par porteur. Prévois du liquide en petites coupures avant de partir, et demande à ton guide de te présenter les porteurs dès le début pour pouvoir les remercier.

Y a-t-il du réseau sur le Rinjani ? Le réseau est très faible, voire inexistant, au camp et au sommet, préviens tes proches que tu seras difficilement joignable pendant deux jours, et télécharge tes documents avant de partir.

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MARINE

Depuis mon PVT en Australie en 2024, le voyage et l’aventure ont commencé à occuper une place importante dans ma vie. Avant, je voyageais surtout en Europe et en France, mais depuis, j'ai élargi mes horizons vers l’Asie et l'Océanie.
Aujourd’hui, je vis en France et quand je ne suis pas en train de vivre des expériences ou d’explorer de nouvelles destinations, je suis consultante RGPD/DPO indépendante (instant promo mais n’hésite pas à me contacter si le sujet t’intéresse), et rédactrice web SEO sur ce blog de voyage.
Dans ce blog, j’écris sur mes itinéraires, je partage mes conseils, et réflexions, et j’espère que le tout pourra t’aider à préparer ton prochain voyage.

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