Karatsu Kunchi 2025 : dates, chars Hikiyama et mon expérience

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Chars traditionnels du festival de Karatsu Kunchi près de Fukuoka
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Le Japon ne serait pas tout à fait le Japon sans ses « matsuri », à l’origine, il s’agit d’un nom générique employé pour toutes les cérémonies shintos pour remercier les dieux. Les matsuri se déroulent dans pratiquement toutes les villes du Japon, quelle que soient leur taille. De la danse contemplative de l’Awa Odori aux feux d’artifice monumentaux de l’été, ces festivals sont le cœur battant de la culture nipponne.

Aujourd’hui, le terme « matsuri » s’est étendu, il célèbre les changements de saison, des événements historiques, la communauté ou la culture traditionnelle. Les temples et les sanctuaires organisent des festivals également pour commémorer des événements importants de leur histoire ou pour la bonne fortune, tout comme certains parcs ou jardins qui ont leurs propres matsuri.

Je connaissais les festivals japonais uniquement à travers mes mangas et j’avais noté l’idée dans ma bucket list de vivre un de ces festivals au Japon au moins une fois. Chose que j’ai pu accomplir durant mon deuxième voyage au Japon sur l’île de Kyushu au mois de novembre.

Si tu voyages sur l’île de Kyushu à la même période, il est temps de découvrir le Karatsu Kunchi. Véritable célébration de l’histoire locale, du savoir-faire artisanal et de la ferveur populaire, le Karatsu Kunchi s’impose comme l’un des événements incontournables de la préfecture de Saga au Japon.

Pendant trois jours, la petite ville côtière de Karatsu se métamorphose en un théâtre de fureur et de laque. Je te laisse imaginer 14 chars colossaux, les Hikiyama, pesant plusieurs tonnes et représentant des créatures mythiques, lancés à pleine vitesse dans des rues étroites au son des flûtes et des tambours. Bonne nouvelle, l’accès au festival est entièrement gratuit, que ce soit pour la parade nocturne du Yoiyama ou la procession sur la plage.

Que tu sois un photographe en quête du cliché parfait ou un voyageur curieux de sortir des sentiers battus de Tokyo et Kyoto, voici mon retour d’expérience du festival Karatsu Kunchi.

Karatsu Kunchi : origines et histoire du festival

À l’origine, le festival Karatsu Kunchi trouve ses racines dans le sanctuaire shinto local, érigé il y a plusieurs siècles et situé à proximité du lieu où les chars Hikiyama sont entreposés durant l’année. Ce sanctuaire joue un rôle central dans l’organisation de l’événement, et le prêtre principal du sanctuaire participe à la procession à bord de son propre char, profitant de cette occasion pour collecter des offrandes auprès des participants. Les chars actuellement utilisés ont été fabriqués entre 1819 et 1876, illustrant l’ancienneté et la richesse du patrimoine artisanal de Karatsu.

Sous le règne du premier seigneur féodal de Karatsu, Hirotaka Terasawa, le sanctuaire fut déplacé vers le centre-ville. À cette époque, seuls les samouraïs étaient autorisés à y prier, tandis que les habitants ne pouvaient visiter le sanctuaire qu’une fois par an, lors du festival d’automne. Cet accès exceptionnel, qui se déroulait fin octobre selon le calendrier solaire, s’est progressivement transformé en une célébration populaire, donnant naissance au Karatsu Kunchi tel qu’on le connaît aujourd’hui.

Depuis 1980, le festival est officiellement reconnu comme « bien important et intangible de la culture populaire nationale », et les chars Hikiyama sont également protégés en tant que « biens importants et intangibles de la culture populaire de la préfecture de Saga ». En 2016, le festival a en plus été inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.

Comment se rendre à Karatsu depuis Fukuoka ?

La demande d’hébergement explose durant le festival. Pour plus de flexibilité, il est intéressant de loger à Fukuoka et faire l’aller-retour en train chaque jour. De nombreux établissements proposent des packages spéciaux pour le Karatsu Kunchi.

Pour rejoindre Karatsu depuis Fukuoka, j’ai privilégié le train JR Chikuhi Line, qui relie les deux villes en un peu plus d’une heure. La gare de Karatsu se situe à quelques minutes à pied du centre-ville et des principaux lieux du festival. Les transports en commun sont fiables, mais il faut anticiper l’affluence, je n’ai pas pu m’asseoir de tout le trajet pour rejoindre la ville de Karatsu. Des bus relient également Fukuoka à Karatsu, ce qui peut être une bonne alternative au train.

Est-ce qu’il faut privilégier la voiture ? Je ne recommande pas de prendre la voiture pour se rendre au festival. Il est difficile de se garer, car la police empêche les voitures de circuler dans la ville pendant que les chars défilent et les parkings sont pris d’assaut dès le matin.

Karatsu Kunchi et l’UNESCO : un festival entre spiritualité et tradition

Le Karatsu Kunchi célèbre la vitalité et la tradition de la ville de Karatsu depuis plus de quatre siècles. Inscrit au patrimoine immatériel de l’UNESCO depuis 2016, il représente l’un des festivals les plus emblématiques de Kyushu avec celui de Nagasaki. Le Karatsu Kunchi s’articule autour du sanctuaire Karatsu-jinja. Les chars sont offerts en procession aux divinités shinto locales pour exprimer gratitude et espérance.

Ce lien entre spiritualité et festivité donne au festival une dimension sacrée et renforce la cohésion sociale de la ville. Chaque année, la ville se transforme en une scène vivante où se mêlent folklore, spiritualité et artisanat. Les habitants se rassemblent pour honorer les divinités locales, transmettre leur culture et renforcer le lien communautaire. 

Quand a lieu le Karatsu Kunchi ?

Le festival se déroule chaque année du 2 au 4 novembre. Ces dates correspondent à la période où l’automne sublime Karatsu de ses couleurs, permettant ainsi aux chars Hikiyama de défiler dans un décor naturel époustouflant. La tradition veut que le festival commence par une parade nocturne, suivie du tirage des chars sur la plage et enfin par une ultime procession.

JourDateProgrammeHoraires
Jour 12 novembreParade nocturne des chars19-30 – 22h00
Jour 23 novembreProcession jusqu’à la plage de Nishinohama9h30 – 16h30
Jour 34 novembreProcession de retour10h00 – 16h40

Je t’ai donné le programme de 2025, mais je te recommande de vérifier les horaires officiels sur le site de la ville de Karatsu, car ils peuvent varier d’une année à l’autre. Le site officiel de l’association touristique de Karatsu (karatsu-kankou.jp) propose une carte du parcours des processions, je te recommande de la télécharger avant ton départ.

L’histoire et la symbolique des 14 chars Hikiyama 

Les chars Hikiyama : laque urushi et artisanat traditionnel

Les chars Hikiyama incarnent l’art du laquage urushi et l’excellence artisanale japonaise. Construits entre 1819 et 1876, ils possèdent une structure en bois, mais leur forme sculptée est obtenue par une superposition complexe de papier mâché et de laque urushi. Chaque char nécessite des années de travail et une maîtrise parfaite des techniques traditionnelle, transmise de génération en génération.

Les 14 chars Hikiyama 

La liste complète des chars par ordre de création : le lion rouge (Akajishi), le lion vert (aojishi), la tortue et Urashima Taro, le kabuto (casque) de Minato no Yoshitsune, la dorade rouge (Tai), le bateau en forme de phoenix (Ho-o), le dragon volant (Hiryu), le lion doré (kinshishi), le kabuto de Takeda Shingen, le kabuto d’Uesugi Kenshin, le bateau aux sept trésors, le lion à tête de dragon, le kabuto de Minamoto no Yorimitsu, et le démon Shuten-doji.  À l’origine, il y avait un 15ème char mais qui a été détruit depuis seuls les 14 chars continuent de défiler aujourd’hui. Les tireurs des chars sont choisis dans les familles vivant dans les 14 quartiers traditionnels de Karatsu parmi toutes les générations.

Pendant que je déambulais dans les rues, trois chars ont particulièrement retenu mon attention : la dorade rouge (Tai) qui est le plus mignon et sans doute le char le plus photographié avec sa couleur rouge et ses grands yeux ronds, il a un côté presque « pop art », le casque de Minamoto no Yoshitsune, et le Lion Rouge (Akajishi). Mon amie japonaise m’a expliqué que la dorade est le symbole de la chance au Japon, ce qui explique en partie sa popularité auprès des visiteurs.

Mon expérience au Karatsu Kunchi : le deuxième jour, le meilleur ?

Le festival se déroule sur trois jours, personnellement, j’ai choisi le deuxième jour, car j’avais lu sur différents blogs que c’était le jour le plus impressionnant. Pourquoi ? Parce que les chars sont tirés de la ville jusqu’à la plage de Nishinohama.

J’ai eu la chance de me glisser parmi la foule pour vivre cet événement classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, et l’expérience a été bien plus qu’une simple parade. Dès le matin, les rues s’animent au rythme du cri « En-ya, En-ya ! » lancé par les porteurs de chars et repris par la foule. Les quartiers rivalisent d’enthousiasme pour donner toute son intensité à l’événement. L’atmosphère festive, la musique, les costumes et la convivialité font du Karatsu Kunchi une expérience immersive et inoubliable. À chaque virage effectué par les chars, je retenais mon souffle, car manœuvrer ces mastodontes de plusieurs tonnes dans des ruelles étroites relevait de l’exploit.

La plupart des rues où se déroulent les processions sont accessibles gratuitement. Toutefois, certaines zones réservées (tribunes, accès privilégiés) peuvent être payantes. C’était la première fois que j’assistais à un festival au Japon, je ne m’attendais à ce que les chars soient aussi grands et beaux ! J’ai adoré ma journée à admirer les chars qui défilaient toute la journée tout en mangeant de la street food.

On ne parle pas assez de la street food pendant les festivals, mais c’était incroyable. Tant de brochettes de fruits, de mer, de viande, okonomiyaki et takoyaki, même les desserts japonais dans la même grande rue. Parfois je comprenais la queue et parfois certaines files restaient mystérieuses, dont une qui semblait interminable pour une simple patate douce. Prévois du liquide pour la street food, tous les stands demandaient presque exclusivement que du cash et les prix restent très abordables.

Ce jour-là, j’ai regretté de ne pas avoir d’appareil photo digne de ce nom, car les chars méritaient bien mieux que mon smartphone. C’était incroyable de voir ces tireurs de chars et ces chars gigantesques être transportés à travers la ville jusqu’à la plage de Nishinohama.

Si jamais tu visites la ville de Karatsu en dehors du festival, sache que les chars Hikiyama sont exposés au Hikiyama Exhibition Hall (Musée des chars) pour 310 yens. Ce musée, ouvert de 9h-17h, permet d’admirer de près les œuvres d’art, d’en apprendre davantage sur leur histoire et leur fabrication. Une visite incontournable pour prolonger l’expérience ou pour ceux qui ne peuvent pas assister au festival.

En dehors du festival : que voir à Karatsu ?

Si jamais tu visites la ville de Karatsu en dehors du festival, sache que les chars Hikiyama sont exposés au Hikiyama Exhibition Hall (musée des chars) pour 310 yens. Ce musée, ouvert de 9h à 17h, permet d’admirer de près les œuvres d’art, d’en apprendre davantage sur leur histoire et leur fabrication. Une visite incontournable pour prolonger l’expérience, ou pour ceux qui ne peuvent pas assister au festival. Je n’ai personnellement pas eu le temps de les voir, mais deux autres sites méritent le détour si tu restes plus longtemps sur place :

Le château de Karatsu, construit en 1608, domine la baie depuis une colline. L’entrée est à 500 yens (plus 100 yens en option pour l’ascenseur qui monte la colline), ouvert de 9h à 17h (dernière entrée à 16h40).

La céramique Karatsu-yaki, un artisanat local vieux de plus de 400 ans, fortement influencé par les potiers coréens arrivés au Japon à la fin du XVIᵉ siècle. Elle est tellement réputée qu’un vieux dicton sur les céramiques utilisées pour la cérémonie du thé la classe juste derrière les deux plus prestigieuses : « d’abord Raku, ensuite Hagi, troisièmement Karatsu ». Plusieurs ateliers en ville proposent des visites et de la vente directe si le sujet t’intéresse.

Faut-il faire le détour pour vivre le Karatsu Kunchi ?

Le Karatsu Kunchi n’est pas un simple événement : c’est un voyage au cœur de la culture japonaise. En participant à ce festival, tu plonges dans l’histoire et la tradition à Kyushu avec une découverte du génie des artisans locaux.

Le Karatsu Kunchi m’a réconciliée avec l’idée que les meilleures expériences de voyage ne se planifient pas toujours et, parfois, il suffit de se laisser porter par le son des tambours et les cris d’En-ya dans les ruelles d’une petite ville de Kyushu.

Que tu sois passionné de culture, photographe ou curieux de vivre des expériences authentiques, le Karatsu Kunchi s’impose comme un rendez-vous unique, à inscrire sur ta liste de voyages. Si tu as la chance d’être au Japon début novembre, ce détour par la préfecture de Saga est, selon moi, incontournable.

J’ai vécu le Karatsu Kunchi lors de mon deuxième voyage au Japon, un séjour de 14 jours sur l’île de Kyushu avec Fukuoka comme camp de base : retrouve tout mon itinéraire, dont ce festival, dans mon article dédié à Fukuoka : Que faire à Fukuoka et ses alentours : mon itinéraire de 6 jours

Si tu as vécu d’autres festivals au Japon, n’hésite pas à le partager en commentaires ! Et si tu as des questions, n’hésite pas à les poser ou me contacter directement via ma page de contact.

Les questions fréquentes sur le Karatsu Kunchi

Le Karatsu Kunchi est-il gratuit ? Oui, l’accès aux rues où se déroulent les processions est entièrement gratuit. Seules certaines zones réservées, comme des tribunes ou des accès privilégiés, peuvent être payantes.

Quel jour du festival est le plus impressionnant ? D’après plusieurs blogs et mon expérience personnelle, le deuxième jour (3 novembre) est souvent considéré comme le plus spectaculaire : c’est le jour où les chars sont tirés de la ville jusqu’à la plage de Nishinohama.

Faut-il réserver son hébergement à l’avance pour le Karatsu Kunchi ? Oui, absolument car la demande explose durant le festival, notamment à Karatsu même. Une bonne alternative consiste à loger à Fukuoka et à faire l’aller-retour en train chaque jour du festival.

Combien de temps dure le trajet entre Fukuoka et Karatsu ? Compte un peu plus d’une heure en train via la ligne JR Chikuhi Line. Des bus relient aussi les deux villes.

Peut-on voir les chars Hikiyama en dehors de la période du festival ? Oui, ils sont exposés toute l’année au Hikiyama Exhibition Hall à Karatsu, pour 310 yens, de 9h à 17h.

Le Karatsu Kunchi est-il adapté aux enfants ? Le festival est ouvert à tous et gratuit, mais l’affluence peut être importante, surtout le deuxième et le troisième jour. Prévois de la marge pour te déplacer avec des enfants en bas âge dans la foule.

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MARINE

Depuis mon PVT en Australie en 2024, le voyage et l’aventure ont commencé à occuper une place importante dans ma vie. Avant, je voyageais surtout en Europe et en France, mais depuis, j'ai élargi mes horizons vers l’Asie.
Aujourd’hui, je vis en France, et plus précisément dans les Bouches-du-Rhône. Quand je ne suis pas en train de vivre de nouvelles expériences ou d’explorer de nouvelles destinations, je suis consultante RGPD/DPO indépendante (instant promo mais n’hésite pas à me contacter si le sujet t’intéresse), et rédactrice web SEO uniquement sur ce blog de voyage.
Dans ce blog, j’écris sur mes itinéraires, je partage mes conseils, astuces et réflexions, et j’espère que le tout pourra t’aider à préparer ton prochain voyage.

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