En presque huit mois de travail en Australie, j’ai gagné 27 000 dollars australiens entre une warehouse à Brisbane à 31 AUD de l’heure, une usine de packing à 1 500 AUD net par semaine, et des fermes sous la pluie du Queensland. Ce n’est pas un guide pour trouver un job (j’ai un article dédié pour ça), c’est le récit brut de ce que j’ai vécu : les galères, les arnaques, les surprises, et ce que j’aurais aimé savoir avant de commencer.
Laisse-moi te raconter mon parcours professionnel en Australie avec un Working Holiday Visa (WHV) aka le Permis vacance travail (PVT). Attention : je ne suis pas partie à la recherche de l’or durant ma première année et j’ai presque tout dépensé dans mes différents voyages.
Le tableau récapitulatif des salaires
| Type de job | Salaire horaire | Salaire hebdo | Heures/semaine |
|---|---|---|---|
| Warehouse Brisbane | 31 AUD/h (42 AUD heures sup) | 1 000 AUD net | 35h |
| Usine packing Queensland | — | 1 500-1 600 AUD net | 60h |
| Ferme piments | Variable | Variable | Variable |
| Ferme bananes | Variable | Variable | Variable |
Mon premier job en Australie : warehouse à Brisbane (31 AUD/h)
Comment est-ce que j’ai trouvé ce job ? (Backpacker Job Board)
Mon premier job, je l’ai trouvé dans une warehouse à Brisbane, une ville que j’adore et où j’ai vécu six mois en auberge de jeunesse. Si tu te demandes ce que ça fait de vivre sur le long terme en auberge de jeunesse : Vivre en auberge de jeunesse sur le long terme (6 mois) : mon guide de survie.
J’ai postulé via le site Backpacker Job Board pendant que j’étais encore à Perth. À peine arrivée à Brisbane, on a eu un entretien dès le lendemain avec le manager de la Warehouse avec l’amie avec qui je suis partie en Australie. Pour être honnête, cela n’a rien à voir avec les entretiens français : c’était plus une présentation de l’entreprise et des tâches que nous devions effectuer plutôt que devoir nous présenter nous-mêmes et montrer notre motivation.
Mon anglais était tellement nul à l’époque que je n’avais pas compris ce que je devais faire comme travail et aussi, je postulais en moyenne à 50 jobs par jour pour être sûr de trouver quelque chose. L’entreprise était située à Eagle farm, pendant l’entretien téléphonique, j’ai compris qu’on allait bosser pour nourrir des aigles alors que non, vraiment, il n’y avait absolument aucun rapport avec des animaux. Il s’agissait d’un travail de préparatrice de commandes pour des entreprises, des restaurants, des stations essence, et on devait appeler en anglais dès lors qu’il manquait un produit (c’est-à-dire une commande sur deux). Je vais te donner un bon plan si tu vis à Brisbane, dans le coin d’Eagle Farm, il y a énormément de warehouse dans ce secteur qui travaillent avec des Backpackers et ils sont toujours en recherche de main-d’œuvre. Si tu n’as pas de voitures, c’est desservi par les transports publics.
L’entretien atypique : une visite médicale sportive obligatoire
Pour décrocher ce job, j’ai dû passer une visite médicale obligatoire dans un centre sportif agréé pour les visites médicales. Cette visite ressemblait plus à une séance de sport qu’à une véritable visite médicale. Elle a duré une heure pendant laquelle j’ai dû faire : pompes, squats, abdos, course, levé de charges. Tout cela, je le rappelle, pour un poste de préparatrice de commandes ! Le côté médical était pour le test de vision et de l’ouïe.
J’ai cru échouer au moment où on m’a demandé de faire un squat sur une jambe tout en soulevant une charge avec une seule main. Techniquement, j’ai mes deux mains, donc je peux utiliser en même temps, pour tout t’avouer, je ne comprends toujours pas cet exercice. Malgré cet échec, j’ai quand même été rappelée par le directeur dès le lendemain et il m’a même dit : « Si c’est trop dur, dis-le-moi». En vérité, si j’avais admis que c’était trop difficile, il m’aurait congédié, car j’avais décroché un poste Casual et, avec ce type de poste, tu peux être licencié du jour au lendemain et sans explications.
La visite s’est terminée par un test de drogues et d’alcool, c’est très courant ici, peu importe le travail effectué. En Australie, la tolérance est zéro : ils peuvent te tester pour la drogue ou l’alcool à tout moment sur ton lieu de travail, même si tu travailles en tant que préparateur de commandes ou en usine.
Conditions de travail : horaires, salaire, environnement
La Warehouse était située à plus de 40 minutes en transports en commun de mon auberge de jeunesse. Durant l’entretien, le directeur m’a expliqué que peu d’Australiens postulaient à cause de l’éloignement du centre-ville. La plupart des Australiens qui travaillent dans cette Warehouse, avaient un sacré passé entre des problèmes d’addictions, de prison ou de paris sportifs.
Pour en revenir au travail, les horaires étaient top :
- 35h par semaine
- Lundi au jeudi : 8h – 16h
- Vendredi : 8h – 13h
- Heures supplémentaires à 42 AUD de l’heure (au lieu de 31 AUD de base)
Moi qui venais du monde du bureau en France, c’était mon tout premier job physique. Mon premier mois a été difficile au niveau de mon dos et de mes bras, mais j’arrivais à 10 000 pas par jour et j’étais épuisée au tout début. Au fil des mois, j’ai perdu dix kilos et je n’ai jamais été aussi en forme, tout en voyant mon compte en banque bien garni.
Travailler sans parler anglais : est-ce possible ?
Je vais être honnête : à mon arrivée sur le territoire australien, mon niveau d’anglais était vraiment limité (voir catastrophique), et pourtant, c’était une condition mentionnée pour postuler à ce poste.
Deux jours plus tard, coup de théâtre : les deux managers (des femmes de 55 ans) ont été virées pour consommation de cocaïne sur le lieu de travail (tout le monde était au courant qu’elles consommaient depuis des années et le dealer travaillait dans l’entreprise. Imagine ma surprise la première fois qu’un collègue d’une quarantaine d’années m’a demandé : « Do you want some MDMA? ».
Du coup, gros remue-ménage dans l’organisation. Moi, j’étais là, à bosser dur, à essayer de faire de mon mieux et on m’a complètement oubliée ! Résultat : j’ai gardé ce poste de préparatrice de commande sans parler anglais, juste grâce à ma motivation et ma persévérance (les employeurs australiens privilégient souvent ton attitude à ton CV : un seul leitmotiv, soit une personne motivée et qui s’investit à fond). Voici comment j’ai pu progresser rapidement sans passer par des cours d’anglais intensifs :
- L’immersion totale : je ne travaillais qu’avec des non-francophones et je devais appeler des clients australiens tous les jours pour expliquer s’ils manquaient des produits dans leurs commandes et s’ils avaient besoin de changer un produit.
- Continuer d’apprendre via des applications
- Vivre en auberge de jeunesse et ne parler qu’avec des non francophones
Et tu sais quoi ? J’ai progressé rapidement (d’ailleurs, j’ai rédigé un article à ce sujet), j’ai même créé de vraies amitiés avec d’autres Backpackers. D’ailleurs, on est même partis ensemble en Indonésie après. Et avec l’un d’entre eux, on a travaillé ensemble dans les mêmes fermes dans le Queensland.
Beaucoup de pvtistes redoutent de ne pas trouver un emploi à cause de la barrière de la langue, mais l’Australie offre de réelles opportunités pour partir travailler même si l’on ne maîtrise pas parfaitement la langue.
Mon job ou cet « ex toxique » : quitter pour mieux revenir
Ce job, je l’ai quitté quatre fois et j’y suis revenue trois fois. Il me suffisait d’envoyer un message au directeur la veille pour reprendre ce travail. D’ailleurs, je considère ce travail, un peu comme un ex-toxique, il n’y a rien de bon et pourtant, on y retourne quand même malgré nous, pas seulement les Backpackers, mais également les Australiens.
Conseil : si tu es en contrat « casual » (ce qui est assez fréquent en Australie quand tu es en PVT), sache que tu n’as pas besoin de prévenir longtemps à l’avance pour quitter le travail que tu as. Je te conseille de ne jamais prévenir trop tôt quand tu pars : la seule fois où je l’ai fait, ils m’ont viré le jour même. Dans cette Warehouse, j’annonçais mon départ 4-5 jours avant, car je pouvais revenir tranquillement travaillé pour eux.
Faire ses 88 jours en fruit picking pour renouveler son Visa-Vacance-Travail
Partir en Australie avec un Working Holiday Visa (WHV) est une opportunité unique, quelle que soit la raison que tu choisisses de vivre en Australie pour perfectionner ton niveau d’anglais ou pour enchaîner les boulots de Fruit Picking, le Gouvernement australien impose des règles précises pour obtenir un deuxième visa. Tu te dis peut-être que tu ne reviendras jamais en Australie. Si tu as des doutes comme moi, je te conseille de réfléchir à la question sérieusement et pas seulement trois mois avant. C’est difficile de faire les trois mois d’un coup. Si tu dois t’y prendre, essaye de le faire avec un délai de cinq mois, car j’ai mis quatre mois à les faire.
Pourquoi faire ses 88 jours (et comment j’ai choisi)
Pour pouvoir demander un deuxième PVT Australie, j’ai décidé de faire mes jours de ferme ou plutôt connu sous le nom des 88 jours de ferme. Je les ai faits, car je n’étais pas sûre de savoir si je voulais revenir ou non, mais dans le cas où je veuille revenir, je voulais avoir une porte ouverte. Je n’avais pas envie de fausser mes payslips ou de prendre le risque de mentir si jamais je devais demander un second visa. Comme je n’avais pas de voiture, j’ai choisi de passer par des working hostels ou de contacter directement les fermes afin d’avoir le logement compris. Malheureusement, je m’y suis prise un peu tard et j’ai mis du temps à comprendre les saisons, ce qui m’a fait perdre un bon mois. Si tu veux plus de détails, Les 88 jours en Australie : guide pour renouveler son PVT.
Working hostel 1 : usine de packing (1600 AUD/semaine)
Je ne donnerai pas le nom de mon premier hostel, car je ne le recommande absolument pas pour mes amis. Je peux juste dire qu’il était situé dans le Queensland et rien n’allait dans cet hostel. La plupart des Backpackers avaient peu d’heures de travail. Le manager était tyrannique et imposait des règles absurdes. Nous devions payer 12 AUD par jour juste pour aller au travail et revenir, sans compter le prix des loyers bien trop élevés pour l’infrastructure proposée. L’ambiance était tendue dans cette auberge de jeunesse, car il n’y avait pas assez de travail pour tout le monde et beaucoup de Backpackers ont juste perdu leur argent. Je suis restée deux mois dans ce working hostel, car j’ai eu de la chance, on m’a placée dans une usine de packing/sorting, voici les avantages :
- 60h/semaine.
- 1500 à 1600 AUD net par semaine.
- Rencontres avec des filles formidables venant des iles du pacifique, d’Asie ou d’Europe.
Dans cette usine, je faisais du sorting de poivrons, mangues et melons, c’est-à-dire que je triais les produits avant que ces derniers soient emballés pour la grande distribution, tels que Woolworth ou Coles (ce sont le nom des enseignes de grandes distributions en Australie, c’est l’équivalent d’Auchan, Carrefour ou encore Leclerc). J’ai préparé des box de cartons pour les mangues, et j’ai emballé des melons, et des poivrons. Que dire de ce travail ? À part, je suis venu, j’ai vu et j’ai été vaincu. L’usine était composée à 80% de femmes, nous étions plus de 80 personnes à travailler et seulement 10 qui étaient en CDI, le reste, nous étions en Casual, on nous criait souvent dessus, parfois si on n’était pas assez rapide, on nous poussait. Et j’oubliais à cause du salaire à la semaine, mais en y repensant, c’était de la folie d’être resté !
Cette usine ressemblait vraiment à une prison, il y avait une alarme pour nous indiquer nos pauses, nous travaillons 10-12h par jour, six jours sur sept, dans une ambiance militaire. Vraiment, il s’agit de mon expérience de travail la plus intense jusqu’à ce jour, je l’ai fait, j’ai économisé, mais je ne le referai plus jamais et c’est certain. Mais j’ai aussi rencontré beaucoup de Backpackers en PVT et des femmes des îles du pacifique. Je suis devenue amie avec beaucoup d’entre elles, et deux amies japonaises sont venues me voir dans le sud de la France.
Arnaques à éviter : contractors et conditions illégales
Avant d’être placé dans cette usine, j’ai fait du picking de concombres avec des Japonais, via un contractor coréen. Méfie-toi des contractors qui paient à la bin plutôt qu’à l’heure et c’est souvent illégal. Un ami japonais était payé 0,60 AUD par panier et il se faisait hurler dessus par le « manager » japonais qui se faisait appeler lui-même le boss. Si tu es dans cette situation, contacte Fair Work Australia.
J’ai ensuite travaillé pendant deux semaines à cueillir des piments dans une exploitation agricole. C’était une expérience qui était vraiment la plus simple que j’ai faite en ferme, mais il est important de noter que le travail en ferme n’est pas nécessairement constant. Parfois, il y a de l’emploi, et parfois non, et cela dépend également des conditions météorologiques.
Working hostel 2 : ferme de bananes sous la pluie
J’ai choisi mon second working hostel en fonction de boulot qui pouvait m’être donnée alors qu’il pleuvait, car je me suis retrouvée en pleine saison des pluies dans le Queensland et je cherchais donc à finir le mois qui me restait. La solution qui s’offrait à moi était de travailler dans une ferme de banane, car, même lorsqu’il pleut, tu peux travailler. Dans mon deuxième hostel, les infrastructures étaient meilleures, les heures moins nombreuses, mais l’ambiance était magique. J’ai fini par travailler dans une ferme de banane et faire du sorting (tri dans de l’eau des bananes), le point positif de ces fermes est que tu peux travailler même lorsqu’il pleut en revanche, lorsque tu ouvres les bananes, tu peux tomber sur des cafards, des serpents ou des souris. Les joies du travail en plein air !
En résumé : travailler en Australie, c’est possible, même sans anglais !
Tu as dû lire cet article et te demander pourquoi je ne fournis pas des contacts de ces différents lieux de travail ? Pour une simple et bonne raison, je suis en très bons termes avec les managers de la warehouse et je ne vais pas donner l’adresse à des inconnus qui pourraient avoir le job en disant qu’ils me connaissent. Parce que si je retourne en Australie et que je cherche un job, j’ai juste à leur envoyer un message, mais la confiance peut en prendre un coup si des gens postulent sans être sérieux.
Cette aventure Australie m’a appris énormément de choses, pour une personne qui n’a jamais eu de boulots manuels avant et qui ne parlait pas l’anglais. Premièrement, l’anglais s’apprend « sur le tas », c’est plus difficile, mais tu peux y arriver si tu te donnes les moyens. La motivation fait la différence si tu ne sais pas tout faire (sauf en ferme, ils sont un peu sans pitié pour les nouveaux, il y a tellement de Backpackers que tu peux te faire virer et ils vont trouver d’autres personnes), ils sont patients. Le PVT australien et sa recherche de travail, c’est intense, mais inoubliable, c’est dans les boulots et ma vie en auberge de jeunesse que je me suis faits de nombreux amis.
Je te souhaite bon courage dans tes emplois en Australie et, si tu as des anecdotes, n’hésite pas à les mentionner en commentaires ! Et si tu as des questions liées à ta recherche d’emploi, tu peux me contacter directement via la page de contact, promis, je réponds à tout le monde.
Les questions fréquentes sur le travail en Australie
Combien peut-on gagner en PVT Australie ? Ça dépend du type de job et du nombre d’heures. En warehouse, je gagnais 31 AUD/h (35h/semaine) = 1000 AUD net/semaine. En usine de packing (60h/semaine), je touchais 1500-1600 AUD net/semaine. En 8 mois de travail, j’ai gagné 27 000 dollars australiens au total.
C’est quoi un warehouse job en Australie ? Un warehouse (entrepôt), c’est un job de préparateur de commandes. Tu prépares des colis pour des entreprises, restaurants ou stations-service. C’est physique, mais les horaires sont souvent réguliers (35-40h/semaine) et le salaire est correct (30-35 AUD/h).
Faut-il parler anglais pour travailler en warehouse ? Officiellement, oui, mais dans mon cas, j’ai gardé mon job malgré mon anglais limité grâce à ma motivation. L’anglais s’améliore rapidement sur le terrain. Pour certains jobs (ferme, ménage), un anglais basique suffit.
Comment faire ses 88 jours de ferme pour le second visa ? Tu peux chercher via des working hostels (logement + travail organisé) ou contacter directement les fermes. Méfie-toi des escroqueries : assure-toi que ton travail est pris en compte dans les 88 jours (comme indiqué sur le site officiel) et que tu es rémunéré au salaire minimum légal (et non au salaire minimum illégal).
Les working hostels sont-ils fiables ? Ça dépend ! Certains endroits sont véritablement remarquables (excellents résultats, atmosphère agréable), tandis que d’autres sont carrément des escroqueries (nombre d’heures insuffisant, loyers exorbitants, chefs tyranniques). Lis les avis sur Facebook, contacte d’anciens Backpackers avant de réserver, et les avis Google.
Comment éviter les arnaques en Australie ? Red flags : contractors asiatiques qui paient à la bin, managers qui demandent de l’argent d’avance, working hostels sans avis en ligne, jobs qui ne fournissent pas de payslips. Vérifie toujours tes bulletins de paie et contacte Fair Work en cas de doute.




