Vivre en auberge de jeunesse sur le long terme (6 mois) : mon guide de survie

Temps de lecture : 10 minutes
Façade de l'auberge de jeunesse GoNow à Brisbane de nuit, Australie
Sommaire de l'article

Les auberges de jeunesse, on les imagine souvent comme une étape éphémère, temporaire et un passage obligé pour backpackers fauchés ou globe-trotteurs en quête de rencontres. Et bien, c’est totalement vrai ! Voilà, fin de l’article.

Plus sérieusement, que se passe-t-il quand cette étape dure plus de 6 mois ? J’ai vécu six mois dans le même établissement à Brisbane, en Australie et c’est une aventure à elle toute seule. Pour être tout à fait honnête, j’ai passé un an au total à séjourner en auberge de jeunesse (également connu sous son nom anglais : hostel), mais ce séjour prolongé au même endroit fut une aventure à part entière. Entre la gestion de la vie communauté, de son horloge biologique, de son travail, c’est un véritable défi au quotidien.

Est-ce que c’est tenable sur le long terme ? Comment préserver sa santé mentale, son sommeil réparateur et son intimité ? Dans cet article, je vais te dévoiler l’envers du décor : des économies, des rituels pour bien dormir et mes astuces pour survivre en auberge de jeunesse.

Pourquoi vivre en auberge de jeunesse en PVT ?

Quand on part pour un PVT (ou Working holiday) ou pour un long voyage, le budget est le nerf de la guerre. L’auberge de jeunesse s’impose alors comme une des solutions idéales pour économiser de l’argent sur la nuitée, mais elle n’a pas que des avantages financiers sur le prix du logement. Vivre dans une auberge de jeunesse, cela permet de s’offrir une liberté totale et une flexibilité inégalées. En dehors d’y vivre sur le long terme, l’auberge de jeunesse est la solution idéale avant de décrocher un job ou de prendre son billet d’avion pour une autre ville. Il existe d’autres moyens comme Helpx ou encore le woofing mais je ne vais pas l’aborder dans cet article.

L’avantage budgétaire imbattable

En Australie, j’ai vécu à Brisbane dans une auberge de jeunesse pendant 6 mois. Cette dernière était située dans le South Bank, le loyer pour deux semaines étaient de 400 AUD. Ce tarif incluait le Wi-Fi, l’accès à la cuisine (je sais qu’il existe des auberges de jeunesses qui incluent le petit-déjeuner).

Je logeais dans un dortoir qui étaient uniquement réservés aux filles. Nous étions 4 par chambre (il existe des chambres de 4 lits, de 6 lits, et bien plus encore) et la plupart des filles de cette auberge de jeunesse était des long termes comme moi (c’est-à-dire que nous restions pour plusieurs mois). La plupart des filles avec qui je suis devenue amies, je suis restée en contact avec et nous échangeons souvent (d’ailleurs, je suis allée les voir au Japon et en Corée du Sud). En dehors des grandes villes, le prix de la chambre est nettement moins cher si tu restes sur une longue durée.

Les tarifs sont souvent dégressifs, cela signifie que si tu restes longtemps au même endroit et bien le prix de la nuit va diminuer. Je te conseille de booker une ou deux nuits au même endroit via une appli comme booking ou hostelworld, et seulement sur place de prolonger d’une semaine ou deux pour t’assurer qu’il y a des prix dégressifs. Ce n’est pas uniquement en Australie, ou en Nouvelle Zélande, mais tu peux retrouver ce modèle de tarifs dégressifs dans beaucoup d’auberges en Asie.

Une solution « clé en main » sans paperasse

Si tu es en PVT, en vivant dans une auberge de jeunesse, il faut savoir que tu es libre car pas besoin de signer un bail, de gérer des factures ou de négocier avec un propriétaire. On arrive, on pose son sac dans la chambre ou dans un casier, et on peut partir du jour au lendemain. Cette flexibilité est précieuse pour ceux qui veulent explorer, changer de ville ou simplement ne pas s’encombrer de contraintes administratives.

La réalité de la vie en communauté

Avant de vivre en auberge de jeunesse, il faut savoir que je n’avais jamais vécue en colocation, ou partie avec un groupe de personnes en vacances (juste une personne ou deux). De mes études à la vie active, j’ai vécu seule et vivre en auberge, c’est se confronter à une vie communautaire intense. On partage son espace, ses repas, ses journées, des histoires d’amour, d’amitiés et ses galères avec les autres. Les anecdotes ne manquent pas, mais il y a aussi des règles tacites et des astuces pour survivre.

Le défi : préserver son cycle de sommeil en communauté

Le plus dur, c’est d’accepter que son endormissement ne dépende pas que de soi. Une question qui m’est souvent revenue parmi mes proches lorsque j’affrontais mon syndrome du retour : comment est ce que tu arrives à dormir avec d’autres personnes dans ta chambre ?

Pour éviter les troubles du sommeil, j’ai instauré un rituel strict et même en voyage j’essaye de me coucher dans la même tranche horaire (toujours avant minuit entre 22h-23h30). Se coucher à la même heure aide le corps à sécréter la mélatonine, l’hormone du repos. Sans cela, le manque de sommeil s’accumule et peut transformer ton voyage en calvaire. Dans un dortoir, le moindre bruit peut te réveiller en plein sommeil paradoxal.

Le bruit n’est pas la seule nuisance à ton sommeil en Australie. La gestion du climatiseur peut être un problème, surtout si ton lit est juste en dessous de ce dernier et tu te retrouves à dormir soit dans une chaleur étouffante soit dans un glaçon. , Un autre ennemi invisible est la lumière bleue des téléphones : quand tes voisins de lit scrollent sur leurs écrans à minuit, cela bloque ta sécrétion de mélatonine. Pour contrer ces perturbations et retrouver un rythme de sommeil sain, le port d’un masque de nuit est aussi indispensable que les boules quies.

J’ai souvent opté pour dormir dans des dortoirs de femmes du coup, il n’y a jamais vraiment eu trop de bruits ou de ronflement pendant la nuit mais il m’est arrivé de dormir dans des dortoirs mixtes. Je vais être honnête dans les dortoirs mixtes, pour avoir un bon sommeil réparateur les boules quies sont vitales, indispensables, car il est impossible d’éviter les ronflements, les allées et venues tardives ou celui qui se réveille à 5 heures du matin et qui continue de laisser son alarme. Si tu satures, ils existent beaucoup d’auberges de jeunesse qui proposent des chambres privées, certes plus chères, mais parfois c’est important pour retrouver un sommeil profond.

Gérer le manque d’intimité 

Le manque d’intimité, tu vis littéralement avec au minimum 3 autres personnes dans ta chambre, parfois cela peut monter jusqu’à 6 et encore parfois, c’est bien plus (je l’ai vécu une semaine en Thaïlande mais également au Japon car j’ai vécu deux semaines en capsule hôtel). Sur le long terme, c’est vraiment à prendre en compte. Il y a même certaines personnes qui ont des relations sexuelles dans les dortoirs mais ça n’arrive que dans les dortoirs mixtes, personnellement, je ne l’ai jamais vécue dans ma chambre mais j’ai déjà entendu dans les salles de bains communes.

La cuisine partagée : entre chaos et partage de recettes

S’il y a un truc que je déteste, c’est partagé la cuisine car il n’y a jamais assez de place, c’est toujours le chaos dans les frigos. Je te conseille d’acheter un sac glacière, tu l’étiquettes à ton nom, sous peine de voir ta nourriture disparaitre mystérieusement. Malgré tout, j’ai beaucoup aimé le partage de nourriture et des repas tous ensemble.  On y croise des voyageurs/touristes/backpacker du monde entier avec qui on échange et on improvise des repas avec ce qu’il reste dans le frigo.

Hygiène et salles de bain : mes rituels de survie

Les salles de bain communes, c’est parfois un défi et pour éviter les mauvaises surprises, j’ai toujours mes claquettes de douche et ma trousse de toilette suspendue. Ça permet de garder ses affaires au sec et d’éviter les oublis. Le matin, mieux vaut se lever tôt pour profiter de la salle avant la foule ou avant le repas du soir.

Les gens bizarres 

Je suis tombée sur des gens très étranges mais sache une chose l’ennemi commun est ce qui te permettra de faire des liens avec les autres personnes de l’auberge de jeunesse. Par exemple, j’ai eu un alcoolique dans ma chambre, il buvait le soir entre 3 et 4 bouteilles tous seuls et si tu ne te sens pas bien dans ta chambre n’hésite pas soit à demander à changer de chambre ou tout simplement à changer d’auberge de jeunesse. Vérifie les avis sur Booking ou Hostelworld, observe la taille des chambres, est ce que des gens restent longtemps, l’ambiance, etc. Pour un séjour prolongé, privilégie les auberges « worker-friendly » (calmes, avec espaces pour travailler) plutôt que celles qui organisent des fêtes tous les soirs.

L’impact sur la santé mentale : au-delà de la fatigue physique

Il est temps d’aborder les points négatifs de vivre en communauté 24h/24 pendant 6 mois n’est pas seulement un défi pour le corps, c’est aussi une épreuve pour le moral. Le lien entre qualité du sommeil et santé mentale est indéniable, surtout quand on voyage en solo car tu te rends compte à quel point ton humeur dépend de ton sommeil.

  • Le cercle vicieux du manque de sommeil chronique : enchaîner les nuits hachées finit par créer une véritable fatigue mentale. Sans un sommeil réparateur régulier, on devient plus irritable, plus vulnérable au stress et parfois même plus sujet au mal du pays. Chaque nuit de sommeil manquée entame ta patience face aux petits tracas du quotidien (comme la vaisselle sale dans la cuisine !). Si tu es en couple, je te recommanderai pas forcément de vivre en auberge de jeunesse aussi longtemps car si tu ne dors pas assez l’autre peut rapidement te taper sur les nerfs.

  • La surcharge sociale : Être entouré de monde en permanence peut saturer ton cerveau. Pour éviter l’épuisement, il est vital de s’accorder des moments de relaxation et de solitude. Parfois, s’offrir une chambre privée pour une nuit ou deux n’est pas un luxe, c’est une nécessité pour stabiliser son rythme de sommeil et recharger ses batteries psychologiques.

  • Écouter son corps : Apprendre à reconnaître quand le manque de sommeil impacte ton moral est la clé de la réussite d’un PVT. Si tu sens que tu perds ta motivation, c’est peut-être simplement que tu as besoin de rattraper tes heures de sommeil perdues.

5 conseils pour vivre en dortoir

Après quelques semaines, on comprend que survivre en auberge demande un minimum de discipline et de respect mutuel.

Respecter le sommeil des autres (et le tien)

Rentrer discrètement sans allumer la lumière si tu rentres tard, éviter les discussions dans le dortoir s’il y a des gens qui dorment (ou chuchote si c’est vraiment urgent), préparer ses affaires la veille ou en dehors de la chambre mais le plus important, par pitié, ne laisse pas ton réveil sonner le matin pendant 1000 ans, je voue une haine terrible à ces gens-là. Un vrai code de conduite pour préserver la paix.

Être social mais savoir s’isoler

J’ai acheté un casque audio en Australie pour avoir des temps pour moi sans avoir à parler à d’autres personnes. Avoir un casque, c’est envoyer le signal : « ne pas déranger » de même que si tu lis un livre. L’auberge est idéale pour rencontrer des gens, mais il faut aussi apprendre à préserver son espace. Au bout d’une semaine de vie en auberge de jeunesse, je suis allée acheter un casque JBL pour pouvoir m’isoler tranquillement.

Sécuriser ses affaires sans devenir paranoïaque

Malheureusement, il existe des voleurs et quel que soit la nationalité (parfois, ce n’est même pas des gens de ta chambre qui viennent voler des affaires ni de ton auberge de jeunesse). Je te recommande d’avoir un cadenas à code (de préférence avec un câble flexible) et un sac bien rangé suffisent pour éviter les vols. Il y a souvent des casiers disponibles, mais il faut simplement rester vigilant sans se méfier de tout le monde.

Adapter ses horaires et routines

Si tu veux éviter d’attendre que ce soit à la cuisine ou à la salle de bain, mon conseil est d’éviter les foules en utilisant les heures creuses. Il vaut mieux vaut cuisiner tôt ou tard, utiliser la buanderie en dehors des pics de foule, de même que pour les douches. Les routines flexibles permettent de maximiser son confort dans ce mode de vie.

Participer à la vie de l’auberge

Les soirées barbecue, la vie nocturne, les excursions ou les petits-déjeuners sont autant d’occasions de créer des liens et d’éviter la solitude. Oser aller vers les autres, c’est aussi le meilleur moyen de vivre une expérience enrichissante et tu n’es pas obligé de rester uniquement avec des français (si tu veux progresser en anglais, évite les français ou prends des conseils dans mon article sur comment partir en Australie sans savoir parler anglais). C’est souvent là, dans la salle commune de ton hostel, que l’on rencontre d’autres backpacker longue durée qui partagent les mêmes défis, les bons plans (j’ai plus reçu de bons plans que j’ai rencontré plutôt que sur les réseaux sociaux).

Travailler et vivre en auberge : est-ce compatible ?

Beaucoup de backpackers combinent travail et hostel car c’est vraiment le moyen d’avoir une vie sociale tout en économisant de l’argent. Ce n’est pas toujours facile, mais c’est faisable avec un peu d’organisation et de discipline. Le bruit, la vie sociale et les horaires décalés sont des défis à relever mais il est vraiment important de vérifier dans quelle type d’auberge tu loges.

Lorsque je vivais à Brisbane en auberge, j’avais un travail à la journée, je commençais à 7h30-8h00, je devais prendre deux bus et le trajet durait 1h du coup, je me levais tôt pour aller travailler et je finissais vers 16h. Parfois, il faudra décliner les invitations à sortir ou apprendre à dormir malgré l’agitation. La plupart des jobs que j’ai fait en Australie été physiques (j’en parle dans mon article sur mes différents jobs en Australie) et il faut être en forme dès l’éveil. Une auberge de jeunesse où l’on fait la fête quand on doit aller se coucher tôt, il faut une sacrée volonté pour se lever le lendemain matin ou pour bien travailler.

Les auberges proposent souvent des espaces communs où l’on peut travailler en journée, mais il faut aussi apprendre à s’isoler. Je n’ai aucun problème de sommeil léger, je n’ai jamais eu de mal à m’endormir, ni être réveillé et les filles avec qui j’étais dans ma chambre ont toujours été hyper respectueuses donc vivre en auberge de jeunesse n’a jamais été un problème dans mon cas.

Dormir gratuitement : le « Work for Accommodation »

Le « Work for Accommodation », il s’agit de dormir gratuitement contre quelques heures de ménage. Il s’agit d’une formule très répandue : tu travailles quelques heures (ménage, accueil, jardinage) et tu obtiens un lit gratuitement. C’est idéal pour économiser sur le logement et rencontrer d’autres voyageurs. Attention, il faut parfois s’adapter à des horaires irréguliers ou à des tâches variées.

Bilan de 6 mois en hostel : plus qu’une question de dodo 

J’ai expérimenté l’auberge de jeunesse beaucoup en Australie et en Asie que ce soit en Inde, en Corée du Sud, au Népal, en Thaïlande, en Indonésie et au Japon. Honnêtement, il y a de très grosses différences entre les auberges de jeunesses et ça ne dépend pas forcément du prix. Il faut avant de choisir ton auberge savoir ce que tu cherches, certaines sont axées sur la fête ou la soirée, certaines sont axées sur les backpackers qui travaillent.

En tant que femme voyageuse solo, j’ai testé les deux. Les dortoirs filles sont souvent plus calmes et rassurants, mais les mixtes permettent de rencontrer des profils variés. À chacun de trouver ce qui lui convient le mieux selon ses besoins. Je pense que l’expérience au moins d’une semaine en auberge de jeunesse vaut le coup, et on se rend compte que l’on finit par s’habituer à tout, même à dormir dans le bruit et vivre en communauté lorsque l’on est introvertie.

Vivre en auberge de jeunesse pendant 6 mois m’ont appris la patience, l’ouverture d’esprit et la capacité à relativiser les petits tracas. J’ai croisé des backpackers inspirants, partagé des moments uniques, créées de véritables amitiés et développer une vraie résilience. Aujourd’hui, je sais que je pourrais recommencer, mieux équipée et plus sereine car bien dormir est un art qui s’apprend. Si tu as peur de la solitude, lis aussi mon article : Comment se faire des amis en voyage solo ? Si c’était à refaire, je repartirais demain même si c’est l’auberge de jeunesse la plus pourrie au monde comme celle où j’étais à Brisbane.

Et toi, quel est le maximum de temps que tu as passé en auberge ? Dis-le-moi en commentaire ! Ou si tu as des questions sur le fait de vivre en auberge de jeunesse, tu peux également passer par la page de contact.

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MARINE

Depuis mon PVT en Australie en 2024, le voyage et l’aventure ont commencé à occuper une place importante dans ma vie. Avant, je voyageais surtout en Europe et en France, mais depuis, j'ai élargi mes horizons vers l’Asie.
Aujourd’hui, je vis en France, et plus précisément dans les Bouches-du-Rhône. Quand je ne suis pas en train de vivre de nouvelles expériences ou d’explorer de nouvelles destinations, je suis consultante RGPD/DPO indépendante (instant promo mais n’hésite pas à me contacter si le sujet t’intéresse), et rédactrice web SEO uniquement sur ce blog de voyage.
Dans ce blog, j’écris sur mes itinéraires, je partage mes conseils, astuces et réflexions, et j’espère que le tout pourra t’aider à préparer ton prochain voyage.

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