Nagasaki, je voulais voir cette ville depuis mon premier voyage au Japon en juin 2024, car j’avais visité Hiroshima, et quelque chose dans cette visite m’avait donné envie de comprendre aussi Nagasaki, pas uniquement pour la bombe, mais pour ce que la ville est en dehors de ça comme son histoire d’ouverture sur le monde, sa cuisine métissée, son caractère à part dans le Japon que j’avais découvert jusqu’ici.
Située sur la côte ouest de l’île de Kyushu, dans la préfecture du même nom, Nagasaki est une ville portuaire façonnée par les échanges internationaux et une histoire mouvementée. Pour mon deuxième séjour, en octobre 2025, une amie japonaise m’a proposé d’y aller en voiture depuis Fukuoka, où je logeais, pour une grosse journée en aller-retour. On a profité du trajet pour faire un détour par la préfecture de Saga, et c’est là que j’ai découvert un sanctuaire que je n’avais pas prévu de voir, et qui a été l’une des meilleures surprises de la journée.
Dans cet article, je partage avec toi ce que j’ai vu à Nagasaki, du jardin Glover à l’hypocentre, ce que je n’ai pas eu le temps de faire, et toutes les infos pour organiser ta visite. Cet article fait partie de mon itinéraire de 14 jours à Kyushu. Si tu prépares un séjour dans le sud du Japon, tu y trouveras l’ordre des étapes, les transports et le budget global.
Infos pratiques pour visiter Nagasaki
Comment aller de Fukuoka à Nagasaki ?
| Depuis | Transport | Durée | Prix et remarques |
|---|---|---|---|
| Fukuoka (Hakata) | Train : express Relay Kamome jusqu’à Takeo-Onsen, puis shinkansen Kamome | Environ 1h30 | 6 490 ¥ en place réservée, couvert par le JR Pass |
| Fukuoka | Voiture | Environ 2 h par l’autoroute | Pratique si tu fais des haltes en route |
| Fukuoka | Bus longue distance | Environ 2h30 | Environ 2 900 ¥, l’option la moins chère |
J’y suis allée en voiture avec mon amie, ce qui nous a permis de nous arrêter à Yutoku Inari en chemin, un sanctuaire que j’ai trouvé incroyable (je t’en parle plus bas), et de découvrir au passage les aires d’autoroute japonaises. Avec cette pause, la route se coupe naturellement en deux, environ une heure jusqu’au sanctuaire, dans la préfecture de Saga, puis le reste du trajet jusqu’à Nagasaki. Prévois donc une demi-journée pour l’ensemble, plutôt que les 2 h de route sans arrêt. Si tu n’as pas de voiture, le train reste la meilleure option, rapide et confortable. Depuis 2022, la ligne de shinkansen Nishi-Kyushu relie Takeo-Onsen à Nagasaki : il n’y a donc pas de shinkansen direct depuis Hakata, mais une seule correspondance, quai à quai.
Comment se déplacer à Nagasaki ?
Nagasaki est une ville agréable à parcourir à pied dans ses quartiers historiques, mais le tramway ou la voiture sont indispensables pour relier les différentes zones, notamment le secteur Glover/Oura au sud et le quartier d’Urakami au nord, où se concentrent les sites mémoriels.
Je n’ai pas pris le tramway, mais voici ce qu’il faut savoir : un trajet coûte 150 ¥, quelle que soit la distance, et le pass d’une journée coûte 600 ¥, donc il est rentabilisé dès quatre trajets. Attention, ce pass ne s’achète pas dans le tramway, il est en vente à l’office du tourisme dans la gare JR de Nagasaki. Tu peux aussi payer chaque trajet avec une carte IC comme Suica.
Prix et horaires des principaux sites (2026)
Attention, la ville de Nagasaki a fortement augmenté le prix de ses sites le 1er avril 2026. Lors de ma visite en octobre 2025, j’avais payé 620 Yens pour le jardin Glover, qui coûte aujourd’hui plus du double.
| Site | Tarif | Horaires |
|---|---|---|
| Jardin Glover | 1 300 ¥ | 8h-18h (ouverture prolongée certains soirs selon la saison) |
| Cathédrale d’Oura | 1 000 ¥ | 8h30 – 17h30 (jusqu’à 18h une partie de l’année) |
| Musée de la bombe atomique | 200 ¥ | 8h30 – 18h30 (mai-août) / 8h30 – 17h30 (septembre-avril) |
| Parc de la Paix | Gratuit | Accès libre |
| Hypocentre (parc du point zéro) | Gratuit | Accès libre |
| Cathédrale d’Urakami | Gratuit | – |
| Dejima | 1 100 ¥ | 8h-21h (dernière entrée à 20h40) |
| Sanctuaire Yutoku Inari (Saga) | Gratuit (jardin 200 ¥, musée 300 ¥) | Accès libre (jardin et musée : 9h-16h30) |
Quelle est la meilleure saison pour visiter Nagasaki ?
L’automne (octobre-novembre) est idéal, car les températures sont douces, la lumière est belle sur la baie, et il y a moins de monde qu’au printemps. C’est la saison à laquelle j’y suis allée, et je n’ai aucun regret, en plus, si tu passes du 7 au 9 octobre, tu tomberas sur la Nagasaki Kunchi, le grand festival de la ville. En hiver, le festival des lanternes illumine le quartier chinois et le centre au moment du Nouvel An chinois (les dates changent chaque année, vérifie sur le site de l’office de tourisme). Le printemps (fin mars-avril) est également agréable pour les cerisiers, mais plus fréquenté. Il faut éviter juillet-août à cause de la chaleur et la forte humidité.
Où dormir à Nagasaki ?
Je n’ai pas dormi à Nagasaki, on est rentrées le soir même à Fukuoka, où je logeais pendant tout mon séjour à Kyushu, je parle de ce logement en capsule hôtel au Japon : mon retour d’expérience de 19 nuits à Tokyo, Fukuoka et Nagoya. Si tu préfères prendre ton temps et rester une ou deux nuits, le plus pratique est de dormir près de la gare JR de Nagasaki, d’où part le tramway vers tous les quartiers, ou dans le centre, entre Dejima et le quartier chinois de Shinchi, pour pouvoir tout faire à pied le soir. Le quartier chinois de Shinchi est d’ailleurs l’endroit idéal pour goûter un champon ou un sara udon (des nouilles croustillantes nappées de sauce) au dîner.
Les spécialités culinaires de Nagasaki
Nagasaki a une cuisine à part, résultat direct de ses siècles d’échanges avec les Portugais, les Hollandais et les Chinois. Certains plats qu’on y mange n’existent nulle part ailleurs au Japon.
Le plus emblématique est le champon, des nouilles épaisses servies dans un bouillon crémeux avec du porc, des fruits de mer et des légumes. Je ne l’ai pas goûté lors de ce séjour (on a mangé sur le pouce dans un konbini d’aire d’autoroute le midi, et le soir, j’ai opté pour un ramen), mais c’est clairement dans ma liste pour un prochain passage.
Le shippoku ryori est l’autre spécialité incontournable: un banquet traditionnel qui mêle influences japonaises, chinoises et occidentales, servi en plusieurs petits plats. C’est une expérience gastronomique à part entière, plutôt adaptée à un dîner si tu as le budget.
Et puis, il y a le castella, la génoise en brique jaune héritée des Portugais au XVIe siècle, qu’on trouve partout dans les ruelles autour du jardin Glover. Je te raconte plus bas ce que j’en ai pensé.
Sur la route de Nagasaki : le sanctuaire Yutoku Inari (préfecture de Saga)
Sur la route de Nagasaki, on s’est arrêtées au sanctuaire Yutoku Inari, dans la ville de Kashima, à une heure environ de Fukuoka. C’est l’un des trois grands sanctuaires Inari du Japon, avec Fushimi Inari à Kyoto et Toyokawa Inari dans la préfecture d’Aichi. Le sanctuaire principal est gratuit (seuls le jardin et le petit musée sont payants), et la vue sur les environs vaut le coup d’œil.
Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre, car je m’étais uniquement renseignée sur quelques blogs de voyage. Ce que j’ai trouvé, c’est un sanctuaire construit en partie sur pilotis au-dessus d’une rivière, entouré de forêt, avec cette atmosphère calme et légèrement hors du temps qu’on cherche souvent dans les temples japonais, mais qu’on ne trouve pas toujours. J’ai même mangé une glace au sommet, sans foule ni file d’attente pour les photos.
Honnêtement, je l’ai trouvé incroyable : il est grand, il est vraiment beau, et il y a nettement moins de monde qu’à Fushimi Inari, à Kyoto, ce qui permet d’en profiter tranquillement. Si tu fais la route entre Fukuoka et Nagasaki en voiture, c’est un arrêt qui vaut vraiment le détour. Compte 45 minutes à une heure sur place.
Sans voiture, compte environ 1 h de train depuis Hakata jusqu’à la gare de Hizen-Kashima, couvert par le JR Pass. Les trains express directs ne passent qu’environ toutes les trois heures, sinon tu peux changer à Kohoku. Depuis la gare, compte 10 minutes en bus (360 ¥, non couvert par le JR Pass) ou environ 2 200 ¥ en taxi jusqu’au sanctuaire.

Après-midi à Nagasaki : jardin Glover, cathédrale d’Oura et pentes hollandaises
On est arrivées à Nagasaki en début d’après-midi. C’est aussi lors de ce trajet que j’ai découvert les aires d’autoroute japonaises : très propres, avec des prix un peu plus élevés qu’en ville, mais qui restent accessibles.
Ma première impression en tant qu’Européenne : la ville est vallonnée, les quartiers s’étagent sur les collines au-dessus du port, et on sent immédiatement quelque chose de différent par rapport aux autres villes japonaises que j’avais visitées. Quelque chose de plus composite, de moins homogène, un peu comme si plusieurs histoires s’étaient superposées sur le même endroit.
Le jardin Glover
On commence par le jardin Glover, perché sur les hauteurs de la ville avec une vue sur la baie. C’est un musée à ciel ouvert qui rassemble neuf bâtiments de style occidental datant de la fin du XIXe siècle, époque où Nagasaki était l’un des rares ports japonais ouverts au commerce étranger. La résidence principale appartenait à Thomas Glover, un marchand écossais qui a joué un rôle dans la modernisation industrielle de la région.

Pour être honnête, les maisons elles-mêmes ne m’ont pas fait un grand effet, car en tant qu’Européenne, ça reste des maisons comme on en voit chez nous. Ce que j’ai aimé ici, c’est surtout la vue sur la baie depuis le belvédère, et cette idée que des Écossais, des Hollandais et des Chinois ont vécu ici au même moment, dans une ville japonaise, à une époque où le reste du pays était encore très fermé au monde.
Juste avant la sortie du jardin, on est passées par le musée des arts traditionnels de Nagasaki (Nagasaki Traditional Performing Arts Museum), qui expose les chars et les dragons de la Nagasaki Kunchi, le grand festival d’automne de la ville, avec une vidéo qui donne une idée du spectacle. Je n’ai pas vu le festival lui-même, qui a lieu chaque année du 7 au 9 octobre, mais à la fin de ce même voyage, j’ai assisté au Karatsu Kunchi, le 2 novembre, à une heure de Fukuoka. Et c’est assez drôle de voir à quel point les deux fêtes se répondent. Les deux festivals ont le même nom (il viendrait du « neuvième jour » du neuvième mois de l’ancien calendrier), même rôle de grande fête d’automne en l’honneur du sanctuaire de la ville, mais pas du tout le même esprit.

À Karatsu, la fête tourne autour de 14 chars géants en bois laqué, en forme d’animaux ou de casques de samouraïs, que les habitants tirent dans les rues. À Nagasaki, ce sont surtout des danses, comme la danse du dragon héritée de la communauté chinoise, et des chars en forme de bateaux, présentés par des quartiers qui ne participent qu’une fois tous les sept ans. Voir ces chars immobiles derrière une vitre m’a donné envie de revenir un 7 octobre pour les voir en mouvement.
La cathédrale d’Oura, vue uniquement de l’extérieur
Juste en bas du jardin se dresse la cathédrale d’Oura, achevée en 1864 en hommage aux 26 martyrs chrétiens crucifiés à Nagasaki en 1597. C’est la plus ancienne église du Japon encore debout, classée trésor national et inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2018. J’ai choisi de ne pas payer l’entrée à 1 000 ¥ pour visiter une église, aussi belle soit-elle, ça m’a freinée, alors qu’en France et dans une grande partie de l’Europe, on entre gratuitement dans les églises. Mais même de l’extérieur, l’architecture est sympa, et le contexte historique, avec des chrétiens japonais qui ont maintenu leur foi en secret pendant des siècles de persécution, donne à l’endroit un poids particulier.

Les pentes hollandaises
À quelques minutes à pied, les pentes hollandaises sont un quartier de ruelles pavées en pierre, bordées d’anciennes maisons construites pour les marchands étrangers, dont certaines ont été restaurées. C’est agréable à parcourir à pied, avec l’impression de se retrouver dans une ville européenne plus que japonaise. On y vend aussi du castella partout. J’en ai goûté une tranche dans une des boutiques de la rue: c’est vraiment moelleux, légèrement sucré, et je comprends pourquoi tout le monde en rapporte une boîte en souvenir.

Soirée à Nagasaki : le parc de la Paix et l’hypocentre
La deuxième partie de notre journée à Nagasaki, on la consacre au quartier d’Urakami, le centre de l’explosion du 9 août 1945. C’est un changement de registre total par rapport à l’après-midi. On passe des jardins fleuris et des maisons coloniales à quelque chose de beaucoup plus lourd.
Le parc de la Paix
Le parc de la Paix est le premier endroit où on s’arrête (si tu as une voiture, il y a un parking juste en dessous du parc). C’est un espace vert vraiment calme, dominé par la célèbre statue de la Paix, une figure imposante de bronze aux bras tendus, l’un vers le ciel, l’autre à l’horizontale, symbolisant à la fois la menace nucléaire et l’espoir de paix. Autour, des monuments commémoratifs offerts par des pays du monde entier. Comme j’y suis allée le soir, l’ambiance était paisible, mais je ne sais pas s’il y a autant de monde en journée que ce que j’ai pu voir à Hiroshima.
Me promener dans ce parc presque vide créait un contraste étrange avec ce qu’on sait s’être passé ici. Ce n’est pas un endroit qui te prend aux tripes visuellement, mais si tu prends le temps de t’asseoir, de lire les inscriptions, de réaliser que tout ça a été rasé en quelques secondes un matin d’août 1945, ça fait son effet.

L’hypocentre
À quelques minutes à pied, le parc de l’hypocentre marque le point exact au-dessus duquel la bombe a explosé. C’est un endroit sobre, une colonne noire indique le point zéro, entourée de quelques vestiges de bâtiments de l’époque. Il n’y a pas de mise en scène, pas d’effets, juste une sorte de vitrine qui montre le sol de l’époque, avec les débris laissés par l’explosion.
C’est ce qui m’a le plus marquée de cette soirée, notamment parce qu’on en a longuement discuté avec mon amie japonaise. Elle adore Nagasaki pour son architecture européenne, alors que moi, bizarrement, j’ai trouvé la ville un peu trop européenne justement. Mais devant cette colonne noire, on s’est retrouvées sur l’essentiel : c’est presque miraculeux que Nagasaki, tout comme Hiroshima, ait pu devenir la ville qu’elle est aujourd’hui, vivante et tournée vers le monde, quatre-vingts ans après avoir été rasée en quelques secondes.
Ce que je n’ai pas eu le temps de faire à Nagasaki
On a fait l’aller-retour depuis Fukuoka dans la journée, en reprenant la route le soir après l’hypocentre. J’ai eu le sentiment de n’effleurer qu’une partie de ce que la ville a à offrir, et je suis repartie avec une liste de choses que je garde pour un prochain passage.
Le musée de la Bombe atomique
Tous ceux qui l’ont visité disent qu’il est plus intime que celui d’Hiroshima, plus centré sur les témoignages individuels et les objets du quotidien: une horloge arrêtée à 11h02, des vêtements brûlés, des jouets. C’est clairement ma priorité si je reviens. L’entrée est à 200 ¥, ce qui en fait l’un des musées les moins chers du Japon pour ce qu’il représente. Il se trouve à une dizaine de minutes en tramway depuis la gare de Nagasaki.
La cathédrale d’Urakami et le torii du sanctuaire Sanno
La cathédrale d’Urakami, on est passées devant sans s’arrêter, faute de temps. Reconstruite après avoir été soufflée en quelques secondes le matin du 9 août 1945, elle était autrefois la plus grande église d’Asie de l’Est. J’avais lu qu’une petite chapelle conserve la tête d’une statue de la Vierge Marie, retrouvée dans les ruines, au visage noirci par l’explosion. C’est le genre de détail concret, silencieux, qui dit tout ce qu’aucun panneau explicatif ne pourrait exprimer.
Juste à côté, à quelques centaines de mètres de l’hypocentre, le sanctuaire Sanno garde un torii à un seul pilier : la moitié de ce portail en pierre a été arrachée par l’explosion, et l’autre est restée debout. Ces deux arrêts auraient parfaitement complété notre soirée à Urakami.
Dejima et le quartier chinois de Shinchi
Dejima, cette ancienne île artificielle, était le seul comptoir commercial ouvert aux Européens (en l’occurrence les Hollandais) pendant toute la période d’isolement du Japon sous l’ère Edo, un paradoxe dans un pays qui avait choisi de se fermer au monde. Aujourd’hui reconvertie en musée à ciel ouvert, elle permet de comprendre pourquoi Nagasaki occupe une place si singulière dans l’histoire japonaise. On peut facilement la combiner avec une visite du quartier chinois de Shinchi juste à côté, l’un des plus anciens quartiers chinois du Japon, avec ses ruelles animées et ses restaurants, où goûter le champon ou le kakuni manju, un petit pain vapeur fourré au porc braisé.
L’île Hashima (Gunkanjima)
Hashima, surnommée l’île fantôme, est une petite île minière abandonnée depuis 1974, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2015 et située à environ 18 km au large de Nagasaki. Elle n’est accessible qu’en circuit guidé en bateau, ce que je n’avais pas anticipé en termes de planning. Ses bâtiments en béton laissés à l’abandon, envahis par la végétation, ont quelque chose de fascinant et d’un peu inquiétant à la fois. Si tu prépares ton séjour, réserve le circuit à l’avance, car les places partent vite.
Le mont Inasa et sa vue de nuit
Pour la vue de nuit sur la ville et la baie, direction le mont Inasa, dont le panorama est classé parmi les « trois nouvelles plus belles vues nocturnes du monde ». On y monte en téléphérique (1 900 ¥ l’aller-retour, de 9h à 22h), et une navette gratuite relie certains hôtels du centre à la station de départ, sur réservation le jour même. Vise une arrivée un peu avant le coucher du soleil.
Le pont Meganebashi et le monument des 26 martyrs
Enfin, si tu as un peu de temps dans le centre, le pont Meganebashi (le « pont à lunettes »), construit en 1634 et considéré comme le plus ancien pont en arches de pierre du Japon, doit son nom au reflet de ses deux arches dans la rivière Nakashima, qui dessine une paire de lunettes. Et sur la colline de Nishizaka, à quelques minutes à pied de la gare, le monument des 26 martyrs marque l’endroit où ont été crucifiés les chrétiens auxquels la cathédrale d’Oura rend hommage.
Ce que je retiens de Nagasaki
Nagasaki m’a surprise d’une façon que je n’avais pas anticipée. Je m’attendais à une ville marquée par la tragédie, et elle l’est, profondément, mais ce qui m’a le plus frappée, c’est à quel point elle ne ressemble à aucune autre ville japonaise que j’ai visitée, que ce soit dans son architecture, dans son atmosphère ou dans ce sentiment étrange de marcher dans un endroit où plusieurs histoires du monde se sont croisées sur le même bout de terre.
Il y a quelque chose de particulier à se promener dans le jardin Glover l’après-midi, à observer la baie depuis les hauteurs en pensant aux marchands écossais et hollandais qui vivaient là au XIXe siècle, puis à se retrouver quelques heures plus tard debout sur l’hypocentre de la bombe, dans le silence. Ce n’est pas une ville qu’on visite de façon légère: elle demande un peu de disponibilité intérieure, mais elle le rend au centuple.
Je regrette de ne pas avoir eu plus de temps, et c’est le signe que la ville a fait son effet. Entre le musée de la Bombe atomique, la cathédrale d’Urakami, Dejima et Hashima, il y a facilement matière à deux ou trois jours si tu veux vraiment prendre le temps.
Est-ce que je recommande Nagasaki ? Sans hésiter, et à tout le monde, que tu voyages au Japon pour la première fois ou que tu y sois déjà allé plusieurs fois. C’est une étape qui change la façon dont on regarde le reste du pays. Et pour ma part, j’y retournerai avec plus de temps, et avec le musée en tête de liste.
Si tu continues ton voyage dans le sud du Japon, jette un œil à mon itinéraire de 3 jours à Kumamoto, et si tu prépares un plus long séjour, à mon itinéraire Japon 1 mois en solo.
Les questions fréquentes sur Nagasaki
Combien de temps faut-il pour visiter Nagasaki ? Une journée bien remplie permet de voir le secteur Glover/Oura et les sites mémoriels d’Urakami, comme je l’ai fait, mais sans entrer dans les musées. Pour ajouter le musée de la Bombe atomique, Dejima et Hashima en prenant vraiment le temps, prévois deux à trois jours.
Comment se rendre à Nagasaki depuis Fukuoka ? En train, compte environ 1h30 depuis la gare de Hakata : express Relay Kamome jusqu’à Takeo-Onsen, puis shinkansen Kamome jusqu’à Nagasaki, le tout couvert par le JR Pass. En voiture, compte environ 2 h, ce qui permet de faire des haltes en chemin, comme au sanctuaire Yutoku Inari dans la préfecture de Saga. Le bus est l’option la moins chère, pour environ 2h30 de trajet.
Peut-on visiter Nagasaki en excursion d’une journée depuis Fukuoka ? Oui, c’est faisable , je l’ai fait, en voiture, avec le secteur Glover/Oura l’après-midi, les sites mémoriels le soir, puis le retour à Fukuoka pour la nuit. Pars tôt depuis Fukuoka et priorise en fonction de ce qui t’attire le plus. Mais si tu peux dormir sur place, fais-le.
Quels sont les prix d’entrée des sites de Nagasaki en 2026 ? Depuis le 1er avril 2026, le jardin Glover coûte 1 300 ¥ et Dejima 1 100 ¥. Le musée de la Bombe atomique reste à 200 ¥, la cathédrale d’Oura à 1 000 ¥, et le parc de la Paix comme l’hypocentre sont gratuits.
Nagasaki est-elle difficile à visiter sans parler japonais ? Pas du tout, la signalétique dans les tramways et sur les principaux sites est disponible en anglais, et le musée de la Bombe atomique propose un audioguide en anglais (150 ¥). Il n’existe pas en français, mais il est aussi disponible en espagnol, en chinois et en coréen.
Comment se déplacer dans Nagasaki ? Le tramway est le moyen le plus simple et le plus économique pour relier les différents quartiers: 150 ¥ le trajet, ou 600 ¥ le pass d’une journée, en vente au centre d’information touristique de la gare de Nagasaki (pas dans le tramway). Les principaux sites, comme le jardin Glover, les pentes hollandaises et la cathédrale d’Oura, se visitent ensuite à pied.
Peut-on visiter l’île Hashima (Gunkanjima) seul ? Non, l’île fantôme n’est accessible qu’en circuit guidé en bateau. Compte 2h30 à 3 h pour l’ensemble de la sortie, entre 3 150 et 12 000 ¥ selon la compagnie, plus une taxe de débarquement de 650 ¥ depuis avril 2026. Réserve à l’avance, surtout en haute saison, car les places partent vite, et sache que le débarquement est souvent annulé à cause de la houle, notamment en hiver et pendant la saison des typhons.




